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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 23:30

Difficile de faire un résumé de ce récit qui ressemble plus à un exposé des faits qu’à une histoire romancée, et que l’auteur situe sur le site d’un ancien bagne qu’il désigne sous le nom d’Ouspiensk. Essayons de ne pas perdre l’information.

                     -------------------------------- 

Nous sommes en avril,  dans la douceur du printemps,  par une journée ensoleillée marquée par le silence de la forêt sibérienne où manque le brouhaha des oiseaux. 

       Le cocher interroge son passager : est-il simplement de passage. La conversation s’engage :  Oui, le cocher travaille bien à  l’usine d’Ouspiensk… Il s’étonne quand le narrateur lui demande s’il vit dans sa propre maison. Il comprend enfin et  confirme : oui, il est bien un ancien bagnard, et il est de ceux qui sont restés ici, qu’on appelle encore les « bagnards d’Ouspiensk. Mais quand le bagne a été supprimé,  à la demande des instances supérieures, tout le menu fretin s’en est allé, surtout les femmes. Le narrateur examine le cocher : solide et plutôt avenant. L’homme ôte son bonnet sous le regard qui le dévisage et montre ainsi qu’il est « marqué ». La tempe est en effet décomposée  par une espèce de lettre noire, marque faite au fer chaud, qui signifiait qu’il était un « relégué »… 

       Il explique son histoire : il était de Riazan où il travaillait avec d’autres cuisiniers pour une gigantesques propriété foncière. Une vieille femme féroce les faisait marcher au bâton. Chaque matin elle battait un cuisinier.  Il supportait, supportait,  jusqu’au jour où il lui a planté son couteau directement au ventre. Le soir elle était morte et les cuisiniers condamnés à 4000 coups de bâton. Il y en eut un, pourtant solide et vigoureux,  qui n’a pas supporté le quatrième millier et est mort. 

       Le voyage touchait à sa fin, le haut campanile est apparu, ainsi que  les ruines sinistres de l’ancien bagne et les nouveaux bâtiments  de la première papeterie que l’on construisait en Sibérie. 

       Le cocher expliqua qu’à cet endroit il y avait autrefois une fabrique de bagne ivre, autrement dit une distillerie. 

                                   *** 

Le voyageur venait pour visiter cette première papeterie, rencontrer un familier et se documenter sur l’ancien bagne. Son hôte, l’ingénieur Appolon Ivanitch lui offrit le thé dans l’appartement qu’il avait aménagé dans une pièce de l’ancien bagne où avaient lieu autrefois les enquêtes, les interrogatoires et toutes sortes d’investigations . Le voyageur remarqua que la femme de chambre qui les servait devait être une ancienne reléguée, venant de Russie, sa physionomie ne présentant pas les signes sibériens : pommettes et yeux étroits. Appolon a confirmé – tout le monde ici vient du bagne. Et, à l’autre question, il répondit que tout était aussi normal ici que dans les autres villages, pas plus de criminalité, une vie tranquille et paisible. Il y avait pourtant encore des personnes ayant fait partie des bagnards : … encore six vieillards marqués au fer ; le dernier ayant eu les narines déchirées est mort depuis une quinzaine d’années, mais certains s’en souviennent encore.
Après le thé ils visitèrent  pendant deux heures la nouvelle usine très moderne. Quel changement par rapport à l’ancienne industrie qui alimentait les cabarets sous le fouet, les verges et le knout. Le visiteur interroge son hôte sur l’ancienne activité. En fait, la distillerie du bagne était donnée à bail et les fermiers généraux gagnaient des fortunes. Le champagne coulait à flot : gaité violente d’un côté, bagne de l’autre.

  Le soir, l’ingénieur et son invité se sont promenés à travers le site. Les maisonnettes d’habitation étaient entourés de jardins à la russe. Elles n’appartenaient pas aux Sibériens , mais bien à des gens venus « involontairement » dans cette région. On y voyait une population parfois mélangée, le type sibérien avec l’apport des types russe, allemand, circassien,… ce qui convenait particulièrement à la beauté des femmes. 

Apollon fit la remarque qu’en effet, tellement de personnes étaient envoyées au bagne, venant de toute la Russie,  qu’on y trouvait mères, femmes et maîtresses. La vie y avait été si dure  que la relégation qui suivait (rester sur place) semblait le paradis. Les condamnés étaient dans une forte majorité des gens jeunes. 

                                     *** 

Le narrateur devait passer trois jours à l’usine. Le plus intéressant qu’il trouva fut la liste détaillée des condamnés sur quelques années ; on trouvait le nom, le titre, le corps du délit et la forme de punition. L’essentiel du contingent était formé par des criminels issus du servage. Les crimes notés étaient ahurissants , Quelle dérision :  par exemple un esclave paysan  a été condamné à quatre ans de bagne pour avoir dérobé du miel chez sa propriétaire foncière !  Un groupe de jeunes filles de 17 à 25 ans avaient été envoyées là à la suite d’un incendie criminel ;   Une autre aurait utilisé du poison ;  une seule était  accusée d’infanticide…. Un vrai martyrologue que cette liste. 

Le voyageur repartit avec le même cocher.

- Le bagne était dur, Grand-père ? lui demanda t il.

  - Très triste en effet, répondit le cocher, mais en Sibérie nous avons vu la lumière, nous sommes devenus libres . Il rappelle que les femmes au bagne n’étaient pas marquées, mais souvent « offensées » par les inspecteurs. Un particulièrement s’en frottait les mains !.... Oui les punitions étaient terribles. Le bourreau, Filka, venait de Tobolsk. Le diable en personne. On assemblait l’argent à lui donner pour qu’il ne soit pas trop féroce, sinon personne ne serait sorti vivant de ses mains. Les verges ? et bien, c’est plus propre que les fouets à mille fois… et de raconter : l’un d’entre nous,  Ermile Kojinim, était souvent puni – il avait perdu toute sa famille. Et bien, pour faire peur à deux compagnies ils l’ont déshabillé. L’homme était puissant mais son corps était blanc. Plus difficile (de résister) – au premier mille il est tombé – ils l’ont mis sur un chariot et l'ont transporté. Ils appliquèrent quand même le deuxième mille. Le docteur a dit alors  - donnez lui a boire... mais c’est connu, boire sur la punition, c’est la fin. Il a succombé sous le deuxième mille. Et c’était l’ordre des autorités ! afin d’exciter les soldats pour que les remplaçants fassent plus.  Se rappeler de cette affaire est mauvais…. 

Bien que la journée soit belle et ensoleillée, c’est un silence lugubre qui tombe . Un proverbe russe est bien adapté : le défunt près des portes ne coûte pas, mais il prendra .
cycle "Les criminels"1895 

 

 

 

 

 

 

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 06:05

Dans cette nouvelle Mamine-Sibiriak ne manque pas d’humour pour ridiculiser un tant soit peu le grand homme qui va  prendre dans ses filets Savka, le célèbre « brigand »  ; petit homme au grand pouvoir, trépignant de ses petits pieds et n’oubliant pas de venir dans la bonne maison après l’office, là où il y a une si jolie table de zakouskis…  Voilà  l’image que nous retiendrons de Nicolas Ivanytch… mais pugnace, avec ça…. ce fidèle serviteur de l’Etat.

           

Quant à la fin du récit, quasi à la gloire des réformes effectuées par Alexandre II (abolition de l’esclavage en 1861,  justice et censure revues à moins d’arbitraire)  on la doit peut-être à ce que cette nouvelle est datée de 1895, début du règne de Nicolas II,  souverain autocratique qui, à l’instar de  son prédécesseur Alexandre III , semble revenir sur certaines des réformes obtenues par Alexandre II dit le Libérateur. En effet, Mamine né en 1852, à l’époque du servage, a  vécu sous le règne de quatre tsars.

 

:

L’auteur commence ainsi son récit :

« le servage d’usine était si cruel qu’il générait des cycles entiers de brigands parmi les esclaves. En fait ces brigands représentaient une protestation sourde de toute la population et devenaient, dans un certain sens, ses  rares porte-parole, Ce type d’homme s’attirait alors toutes les sympathies de la  masse qui le transformait en héros. Il allait pour la cause commune et la masse le défendait. »

 

         Le célèbre Savka était l’un de ces brigands-esclaves d’usine.

 

         Dans chaque fabrique il y avait un endroit effrayant, spécifique, connu sous le nom de « la machine » où se trouvaient « les voitures d’incendie ». Clin d’œil ironique à la technique européenne. Cette salle des machines était en fait une salle de torture, les voitures n’étant en fait que les fouets et les verges qui agrémentaient cette prison interne. Cet endroit n’était jamais vide.  C’est là qu’on donnait l’instruction supérieure qui formait les célèbres brigands, et parmi ceux-ci Savka.

 

         De « la machine », (rappelons-nous du résumé précédent : il n’y avait pas de place pour Averko), il y a deux chemins : Verkotourié (le bagne) ou les bois. Combien préfèrent le second. Voilà dix ans que Savka courait, se servant de sa popularité reconnue même par les autorités de l’usine. Et les moujiks, superstitieux, ne chuchotaient-ils pas qu’il connaissait « un  mot » … sorte de passe-muraille….

 

         Mais le petit homme Nicolas Ivanytch était un juge consciencieux. Ayant  un très grand pouvoir,  il vint avec une cinquantaine de cosaques d’Orenbourg dans le but spécial d’arrêter le célèbre Savka.  Pour se faire on essaya de mobliser la population –être obligé de loger des cosaques n’est pas chose agréable dans un village de dissidents : le tabac et la trogne… - Pourtant la population tint bon, longtemps. Cette dragonnade ne mena à rien du tout. Les jours passaient rien ne venait – chaque poursuite se soldait par un échec.  Mais Savka tomba malade…

 

         Savka resta une semaine entière à « la machine. » Les enfants se débrouillèrent pour le voir par la lucarne en soudoyant les gardes avec une pièce de dix kopecks. C’était un moujik ordinaire, d’une quarantaine d’années avec une barbiche châtain clair, se reposant, avec ses fers. On l’emmena de l’usine en grande pompe., entouré des cosaques qui écartaient la foule, amassée, silencieuse, murmurante ou pleurant.

 

         Vingt ans ont passé. Le narrateur est venu jeter un coup d’œil sur le nid natal. Toujours les belles montagnes, les mêmes rues d’usine, la même fabrique… Mais la salle de « la machine » est barricadée, inaccessible.  De nouvelles lois avaient été promulguées*. Savka, comme les autres, avait été jugé, avait purgé sa peine puis était revenu, en paix.

 

* abolition du servage 1861 – réforme du système judiciaire, châtiments corporels interdits...

 

1895

 

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 09:06

Les combattants - le flottage sur la rivière Tchoussovaya (1)

        P0001-copie-9.jpg Dans la filmographie des œuvres de Mamine-Sibiriak il faut signaler le film à succès  tourné dans les studios de Sverdlovsk en 1972 par le réalisateur  Y.Lapshine : Les millions de Privalov.   

         Aujourd’hui ces studios semblent proposer leurs services aux producteurs occidentaux.

       Et si quelqu’un avait l’idée de tourner « Les combattants » en 3D. La Tchoussovaya est juste à côté. Mais peut-être que les spectateurs s’évanouiraient, voyant arriver droit sur eux les terribles rochers,  les barques chargées de minerais et les haleurs jetés dans la tourmente.

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 14:05

link   O joie… Wikisource publie en français la nouvelle « Les déclassés » - parue en russe sous le titre « Bachka » qui veut dire la  caboche .  Ce texte est paru dans le journal « l’Humanité nouvelle » en 1897. 

 Il est traduit par Marie Stromberg. Cette dame a également  participé à  la traduction de  « La correspondance de Bakounine avec Herzen et Ogaroff » en 1896, traduction effectuée pour la Librairie académique Perrin et Cie – Paris. 

Sans attendre je vous communique le lien pour accéder à ce beau récit « Les déclassés ». Bonne lecture.

 link

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 18:55

         Un homme dans les fers qui promène dans le jardin la bobine de neige des deux frères ? D’abord la peur … puis la curiosité ; on engage la conversation  : «mais qui es-tu l’oncle, que fais-tu là…. ? » . Et l’autre d’expliquer – il est le forgeron, il s’appelle Averky  et on l’a mis dans l’école pendant les congés parce qu’il n’y a pas de place près des machines : Il faut comprendre la prison interne de l’usine. Voilà, l’homme a été pris avec quelques mauvaises pièces de vingt kopecks et a été accusé de faux-monnayage. Il attend avec fatalisme son départ pour le fouet et le bagne. Et comme il s’ennuie, l’idée lui est venue de balayer la neige.        

         Le crime était lamentable.  Les deux enfants commencèrent par lui apporter de la nourriture en cachette. Puis ils finirent par en parler au père qui après avoir vu le prisonnier trouva  la punition par trop terrible. Mais on ne pouvait plus rien changer. 

         Averky avait pour toute visite celle de sa propre femme, timide et effacée. Venait aussi un soldat de l’usine qui semblait peu recommandable ; il était  accompagné parfois de sa femme,  une belle créature, vulgaire et hardie et qui ne s’habillait pas selon la mode de l’usine. Le cocher Iakov disait que le soldat l’avait prise comme « mariée de l’échafaud » (il lui aurait épargné ainsi le fouet) et que c’était une vraie poison. 

         Bref au bout de deux mois Averky fut envoyé au bagne de Verkhotouré. Il devait y être jugé, mais il n’y est pas resté six mois. Il s’est enfui. Et pourquoi donc n’a-t-il pas pris la fuite quand il était dans l’école… C’est qu’ensuite il ne pouvait plus que devenir un vrai brigand qui n’avait plus rien à voir avec le stupide monnayeur.  

         L’homme n’est pas une bête forestière. Il revint donc parfois coucher chez lui. Par deux fois la population a été rassemblée pour le rattraper, mais il leur filait sous le nez et passait la nuit là ou là. En fait, on savait qu’il ne ferait pas de mal à ceux qui l’avaient aidé. 

         Puis un jour Averko (on ne disait plus Averky) a fini par rentrer dans une bande de hors la loi. La poste a été pillée et le facteur tué. Il réussit encore à tenir tête à la police d’usine mais fut rattrapé dans les montagnes et jugé par une cour martiale extraordinaire. Il devait subir les verges dans son propre village. Il n’a pas supporté les quatre milles. Ils lui ont donné à boire de l’eau. Le cocher Iakov a expliqué : « Ils n’ont pas fait boire les autres pendant la punition. Eh bien, ils sont restés vivants.  Et d’ajouter :

         - Ce n’est pas lui qui faisait les fausses pièces de vingt kopecks – c’était le soldat avec la femme. Mais c’est sur lui que les preuves sont tombées.

1895 -
résumé de "Averko"- paru dans le cycle : Les bandits 

 

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 07:54

            Dans ce coin perdu des montagnes de l’Oural où régnait encore la cruauté des dernières années du régime de l’esclavage, les enfants étaient friands des histoires de brigands. C’était un sujet inépuisable de récits, contes et légendes qui couraient de maison en maison par le biais des cuisinières, des cochers et des différentes vieilles qui vagabondaient dans cette sauvage contrée. Evidemment, cela se faisait derrière le dos des parents, et certains récits étaient devenus des clichés.  L’un d'eux intéressait particulièrement ces garnements et ils le réclamaient à la vieille Baoucha Filimonovna qui venait vendre à domicile son miel et son gruau : c’était l’histoire du navet.

             Cette histoire, vieille de quarante ans , relate le meurtre d’un évadé du bagne par Kornilo. Celui-ci vivait en périphérie de son village. Du guichet de la fenêtre de son isba ce Kornilo aperçut un homme dans son jardin ;  alors  il attrapa son fusil et tira. L’homme souffrit tout le jour ; affamé il avait seulement pris un petit navet. Avant de rendre l’âme il prononça pourtant: « Pardonne, peuple orthodoxe. A l’usine de Néviansky,  j’ai égorgé la veuve et le garçon ».

            En fait, il s’était introduit dans l’isba de la veuve et lui avait demandé son argent. Celle-ci inventa : - il est caché dans le pigeonnier . Elle l’y conduisit, l’y poussa et l’y enferma. Mais son garçon de sept ans s’y tenait.  L’homme menaça, la veuve tint bon. Le garçon eut alors les doigts d’une main coupés avant que la veuve donnât toutes ses économies.

            Ce récit plaisait aux enfants sans doute parce que le crime était puni. La réalité du moment était que les criminels d’usine étaient attrapés, transférés en prison, s’en échappaient et étaient rattrapés à nouveau. C’était le quotidien des Savka, Oédka, Detkov, Tchebotka. Les meurtres étaient assez courants dans la région et avaient frappé le receveur, le mandataire, le commis d’usine, le montreur d’ours et d’autres encore…

            Alors quel émoi en ce matin de novembre quand les enfants de la maison virent leur « bobine » de neige marcher dans le jardin avec un moujik tenant un balai et qui traînait derrière lui une chaîne qui cliquetait lugubrement : un homme dans les fers.

            A demain la suite de ce résumé.

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 08:38

Déjà le 12 janvier -  juste le temps de jeter un œil sur l’Express qui nous parle du réveil de la culture russe et de la littérature actuelle : je vois les mots dépotoir, hôpital psychiatrique,  démence et alcool. Rien de bien réjouissant.  J’ai commencé la lecture du roman de Alexei Ivanov (le prix Mamine-Sibiriak 2003) : le géographe a bu son globe – nous voilà dans une classe que ne renieraient peut-être pas certains profs de classes de rattrapage dans la douce France. Attendons la suite. Mais je reviens à Mamine-Sibiriak qui, dans un langage clair et simple, décrit la vie de son temps dans son Oural natal. Des temps qui n’étaient pas tendres non plus, puisque nous allons aborder  les bandits et les bagnards par quelques nouvelles du cycle « Les criminels » parues dans le tome 3 de l’édition de 1916. Ils ont pour noms Averko ou Savka. Et il y est question aussi des bandits d’honneur, aimés des populations.

         

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 00:09

P0006-copie-3.jpgTrès bonne année

 

A tous

 

Et à toutes

 

 

Tante Blanche.

 

L’année 2009 s’achève. J’en retiendrai une jolie expérience : la création d’un blog pour partager mes découvertes. Ce blog, je l’ai consacré à Mamine- Sibiriak, écrivain ouralien. En fait,  quelque chose m’a frappée. La France est l’un des pays frontaliers de l’ouest de l’Europe. Au 17ème et 18ème siècle (et jusqu’en 1849 avec Le Tourville) nos bateaux nantais, bordelais et rochelais s’occupaient du transport d’esclaves (le commerce triangulaire), nous avions des colonies,  et cela a fait la richesse de certaines familles et par ricochet du pays. A l’est, en Oural,  c’est une main d’œuvre  paysanne servile, gratuite, puis sous-payée, transplantée dans les  mines et les usines qui est à l’origine du développement de la région…. Et du pays. Quand un écrivain se penche, même de façon romancée, sur ces questions, pourquoi laisser passer l’information ? Pour l’Est, j’ai trouvé l'oeuvre de Mamine-Sibiriak et je regrette son absence dans nos librairies. Certains de ses romans et nouvelles nous permettent d’avoir un idée de la vie, au 19ème siècle,  des classes laborieuses qui ne se composaient certes pas que de Saints. La vie  n’était pas tendre – elle pouvait même être cruelle dans le monde du travail ou des affaires – on en a eu un aperçu dans » Les Combattants ». « La broche », « la stupide Oxia », « Socrate Ivanytch », « la mine numéro Six »  récits qui nous en apprennent beaucoup sur la mentalité humaine.

 

Je continuerai donc à décortiquer ces « textes russes » et en mettrai les résumés en ligne. Il y sera question de bagnards, de criminels, de marquage au fer,  de famine et de la vie au village.   Mais avant tout, permettez-moi de vous présenter tous mes vœux pour 2010.

 

 

http://www.actualitte.com/actualite/10295-Bordeaux-esclavage-exposition-musee-aquitaine.htm

http://lewebmarron.free.fr/chronoescla.html

http://www.oboulo.com/abolition+servage+russie

 

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 17:01

IMGP0002 2Je viens de découvrir le site de la RSL : « La bibliothèque d’Etat de Russie » située à Moscou qui est l’une des plus grande du monde.  La bibliothèque nationale russe, plus ancienne, est à Saint-Petersbourg. L’une aura bientôt 150 ans, l’autre deux siècles.


http://www.rsl.ru/

ou sur wikipedia – bibliothèque d’Etat de Russie.


 La bibliothèque d'Etat de Russie  abrite 43 millions de documents. 4,000 personnes viennent chaque jour dans ses murs et,  d’autre part,  8,000 visiteurs fréquentent quotidiennement les salles de lecture virtuelle situées dans 80 villes russes ou frontalières.


La RSL proposerait pour la bibliothèque scolaire un millier d’ouvrages  venant du monde entier – russes ou traduit en russe

- En ce qui concerne la littérature française une soixantaine de titres sont évoqués dans cette liste  dont les auteurs sont les suivants : Alain-Fournier, Anouilh, Balzac, Baudelaire,  Verlaine, J. Verne, F. Villon, Voltaire, Victor Hugo, A.Daudet, A.Dumas, E.Zola,  Corneille, Malo, Mérimée, Molière, Maupassant, Maurois,  Perrault, l’Abbé Prévost, Rabelais, Rimbaud, Romain Rolland, Edmond Rostand, Rousseau, Sagan, Sartre, St Exupéry, Stendhal,  Flaubert,   A.France et Chateaubriand. (j’ai donné les noms selon l’ordre alphabétique russe)

  - Parmi les quelques 260 écrivains russes cités pour cette bibliothèque scolaire,  Mamine Sibiriak  figure avec les contes d’Alénouchka, le chasseur Emélia,  l’hivernage, le cou gris, qui sont des œuvres pour les jeunes et les Millions de Privalov qui a été traduit en français il y a un demi-siècle.


http://www.rsl.ru/ru/s3/s331/s122/d311/

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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 10:39

Un  prix Mamine-Sibiriak a été décerné cette année 2009 à l’écrivain Youri Vella pour son ouvrage :  « La brise du lac » qui révèle la vie des peuples autochtones de la région du nord de Tioumen

 

Youri Vella est  né en 1948 en Sibérie Occidentale. Intellectuel et écrivain il vit avec sa famille et son troupeau de rennes chez les Nenets des forêts, dans cette région marécageuse des Khantis- Mansis où le pétrole a fait son apparition et avec lui une population non autochtone, ce qui a fait passer la région de 130.000 habitants à 1.300.000 en trois décennies.  Youri Vella, en plus d’être éleveur de rennes est connu surtout pour être le leader d’un mouveent militant actif pour le maintien de la culture et du mode de vie des Nenets, peuple vivant d’élevage, de chasse et de pêche. Le rôle de Youri Vella est particulièrement important en ce qu’il travaille au sauvetage de la langue de cette population.

 

Pour en savoir plus et découvrir de belles photos

 

http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=945

 

http://jurivella.ru/index.php/the-community

 

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/toutunmonde/fiche.php?diffusion_id=36968

 

(cette dernière adresse concerne une émission sur les minorités iakoute et Bouriates  - Youri Vella y était invité en tant qu’écrivain nénetse)

 

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