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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 07:16

 

         La semaine dernière j’ai été au Jardin des Plantes à Paris voir l’exposition « l’or des Amériques ». De superbes pépites, sculptures et dentelles d’or magnifiques crées par Dame Nature sont présentées. Elles sont suivies par les œuvres des peuples précolombiens, bijoux étranges et somptueux où ce métal était parfois accompagné  d’autres pierres précieuses que ces anciens semblaient  préférer à l’or même. Mais le plus touchant, pour moi, dans cette exposition, ce sont les photos de Sebastiao Salgado (Serra Pelada,1986) sur les mines brésiliennes à ciel ouvert où l’on voit des centaines et des centaines d’êtres humains, trempés jusqu’aux os, dans la boue, travaillant durement pour faire vivre la famille. Certains, même, espérant un sol plus généreux, seraient devenus orpailleurs illégaux en Guyane où l’on ne sait les dénombrer : 3000 ou 30000.  D’autre part sur l’or guyanais, on met le doigt sur la dévastation des terres et leur pollution par le mercure par exemple. La désolation des paysages miniers n'est pas récente puisqu’elle est déjà  évoquée  dans l’œuvre de Mamine Sibiriak.

         Dans cette exposition, au Jardin des Plantes,  il y avait une vitrine très intéressante :  de fines  cannes à pommeaux d’or fichés dans le sol devant un fond où étaient représentés,  en noir et blanc et stylisés,  de rudes pics pour creuser le sol – la juxtaposition  valait mieux qu’un grand discours.

 

Sur l’or guyanais et l’utilisation du mercure, un article intéressant sur

 

http://www.terresdeguyane.fr/articles/CAT_0002/default.asp

 

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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 09:24

            Un lecteur de mes amis m’a dit que les numéros accompagnant les titres de mes messages n’étaient pas évidents. C’est simple. Comme c’est peu pratique de lire sur un écran, mieux vaut que le texte ne soit pas trop long.  Quand j'édite une fiche de lecture sur un récit, je le fais souvent en deux, trois ou plusieurs épisodes. Il suffit de commencer par  (1) et de remonter : (2), (3),etc,  pour avoir la totalité de l’histoire.  Pour mémoire, dix textes de Mamine Sibiriak ont été,  à ce jour,   résumés en français  sur ce site :

 

         Dans les pierres

         La mine numéro six

         Le mauvais garçon

         La stupide Oxia               

         Socrate Ivanytch

         La broche        

         Dans le marais

         Le perceneige

         La nuit d’or

         Les combattants ou le flottage sur la rivière Tchoussovaya.

 

         Bonne lecture.

 

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 08:23

         Donc, voilà nos haleurs sur la rive, allumant quelques feux pour se réchauffer, mais ils n’ont pu sortir de la barque sans avoir subi un examen minutieux de la part du « volodive», toujours inquiet qu’on lui vole le cuivre.   Savichka la sœur de Roubakov est restée à bord préparer le brouet du soir que tout le monde se partagera fraternellement.  Puis chacun partira dormir où il peut, le volodive Prochka excepté – toujours cette surveillance de la cargaison.

         … La marmite et les cuillers nettoyées et rangées, Savichna entreprit de mettre quelques pièces au vieux caftan de Mineïch tout en discutant avec lui. Comment faire pour qu’il ne boive pas toute la paie au cabaret ? pensera-t-il à la femme et aux enfants ? Non … Mineïch avant de faire à pied les trois cents verstes qui le séparent de son logis aura bu la quasi totalité de sa paie. Quand il arrivera à la maison, il ne supportera pas les reproches de sa femme et commencera à la tyranniser. Les enfants s’enfuiront chez les voisins ou se cacheront. Et lui, comme il l’a déjà fait,  il l’attachera, les mains en arrière liées avec les pieds et la laissera ainsi la nuit entière.. Sans compter qu’il use de son couteau pour faire mal.  Si on lui demande pourquoi il agit ainsi – il n’en sait rien, elle est humble, alors il est encore plus furieux. Et si les voisins intercèdent, il rappelle qu’il est le mari !

         D’ailleurs cet alcoolique l’est plus que quiconque – N’est-il pas venu une fois tout nu au flottage. N’ayant plus d’argent, il a laissé chemise et pantalon aux carabetiers et force lui a été de voler dans une isba quelques guenilles pendant que les gens étaient aux champs. Mamine regarde ce tyran squelettique. On a l’impression que par un seul doigt, on peut l’immobiliser et pourtant c’est la terreur de toute une famille.  Il se permet cela uniquement parce qu’il est le mari ;  à ce titre il a tous les droits ; enfin c’est ce que lui donnent à penser les finesses théologiques et juridiques qui accompagnent l’union de l’homme et de la femme, souligne l’auteur.

         Changeons de place et rejoignons un petit groupe. Mamko est en train de raconter qu’une certaine fois, Vaska l’a invité à aller au bois avec lui et Rybakov. Les femmes les attendent avec hors d’œuvres, pain d’épice et vodka.  Mais Vaska et Rybakov ont trop bu. Vaska a crié à l’une des filles « marche à quatre pattes » et de rire, puis il a fallu qu’elle aboie à la manière d’un chien. Et il demande « sur qui aboies-tu ? – sur ton maître , comment oses-tu? » et de la battre encore et encore. Et cela finit par déshabiller la malheureuse et la mettre nue sur une fourmilière, dans le bois. Et pendant qu’elle rotit, ils boivent. On n’ose y croire.  Evidemment, le père de la jeune fille, apprenant cela,  s’y est mis aussi . Le dénommé Vaska d’ailleurs semble être une belle brute car n’est-il pas dit qu’une fois « il a attrapé le chien, lui a arraché la peau vivant puis l’a lancé dans la rue ». Quant à Prochka Rybakov, deux épouses sont déjà parties, la troisième erre, à peine vivante et s’enfonce vers le cercueil. Ce qui fait dire à l’ouvrier Afonka : -  chez nous dans les usines, il y a des fortes têtes, mais vos paysans, ce sont des brigands directs… pourquoi font-ils cela ?  - Pour l’amusement, est-il répondu ! 

         Le voyage continuera, sous les flocons de neige, avec un personnel lamentablement trempé, grelottant de froid et  jurant. Tant et si bien que le volodive acceptera de prêter le canot pour qu’une partie du personnel rejoignent un hameau où ils boiront et se réchaufferont. Certains, avec Rybakov et Vaska,   rejoindront la barque un peu tard, - Des vols ont été faits au village. Alors Rybakov sera tenu à la tête et aux pieds pendant que  le volodive armé du fouet « qui sifflera dans l’air et  laissera une dizaine de cicatrices bleues sur son dos »,  lui administrera « la portion ». Puis ce sera le tour de Vaska à qui « il versera vingt coups entiers ». Et ces deux-là retourneront à leur rame-rondin comme si de rien n’était.

          Quand la barque « se posera » sur un bas fond tous donneront leurs ultimes forces pour la dégager, travaillant dans le courant froid, réchauffés par ce petit verre qu’on leur sert directement dans l’eau. Puis le brouet bien chaud préparé par les femmes les réconfortera, par sa chaleur et par l’impression de grande famille que donnera la barque à ce moment-là.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 08:02

         Nous voici à nouveau sur la Tchoussovaya,  mais cette fois le voyage se passe début septembre et l’on part du Canard d’Arpentage, situé plus bas que Kamenka. C’est que la Tchoussovaya est à son niveau le plus bas et seules des demi-barques peuvent s’y aventurer. Une demi-barque mesure dix sagènes sur quatre et ne peut transporter que 4000 pouds de cuivre et non 15000 comme les vraies barques qui descendent la rivière au moment de la crue de printemps, barques que nous avons suivies dans « Les combattants ». L’équipage comporte toujours le volodive ou responsable de la barque, le flotteur qui dirige la navigation et les haleurs qui manieront les rames-rondins situées  l’une à l’avant, l’autre à l’arrière de la barque, énormes rames qui ne demandent pas moins de cinq personnes pour les manœuvrer.

         A l’avant, le groupe de haleurs est entraîné par un énorme moujik en guenilles : Fedka Rybakov ;  c’est que les habits corrects qu’il possède sont déjà partis au cabaret. Il est accompagné  de son « élève » un gamin de 17 ans, Vaska,  en laptis et chemise d’indienne. Tous les deux vivent au Canard d’arpentage – là où l’on trouve la crème des haleurs -, et ils sont quelque peu méprisants vis à vis des autres. Avec eux se trouvent deux femmes, Louchka et Stepanka,  un homme âgé et un soldat en retraite, avec une moustache en brosse, qui s’égare toujours dans les manœuvres.

         Okini, le flotteur, a une soixantaine d’années. Solide, large, trapu, ridé, au regard coupant et toujours souriant, il est vêtu d’une grosse chemise sous un caftan de gros drap et de bottes goudronnées. "Nager" sur la Tchoussovaya quand la rivière a peu d’eau est un travail gigantesque. Sur presque quatre cents verstes il faut connaître chaque verchok sinon la barque s’assoiera sur chaque bas-fond.

         A l’arrière, nous avons un jeune garçon, Manko, qui se tient à côté de  Gavrilytch, moujik petit et laid à la barbe rare et noire ; deux femmes : Lekandra et Anka puis Savichna, la sœur de Fedka Rybakov ,   un employé d’usine appelé Mineich, squeletique  et maladif, et enfin  un ouvrier d’usine, Afonka,  très jeune aussi mais puissant avec un visage courageux et ouvert.

         Le « volodive», Prochka, est responsable du chargement et du bâteau. C’est que le cuivre se vole facilement. Et si par malheur la cargaison n’arrive pas au grand complet,  sa paie se trouvera amputée du montant du vol. C’est pourquoi Prochka préfèrerait que la barque nage nuit et jour pour éviter les haltes si inquiétantes pour lui, mais les haleurs alors se révoltent.

         Les conditions de navigation ne sont pas idylliques – septembre est déjà froid,  à la pluie se mêle déjà quelques flocons de neige. Les hardes sont vite trempées. Le thé sera le bienvenu pour certains, les autres attendent la première étape et le premier village, pourvoyeur de vodka, avec impatience.

         Et la barque descend la rivière… les rochers appelés « combattants » défilent, avec parfois au sommet, quelques croix noires – en souvenir de ceux qui ont perdu la vie dans les flottages de printemps si dangereux.  Les souvenirs fusent, sur ceux qui y sont restés, voyageurs compris, ou sur ceux qui  ont réchappé de justesse à l’emprise terrible de ces rochers quand la rivière est haute.

         Enfin la poigne se passe bien, moment délicat où la barque doit faire halte près du bord. Quand elle est bien amarée, les haleurs retirent leur bonnet et se signent.

         C’est au cours de cette halte que nous découvrirons un tyran domestique et de belles brutes.

(1) pour la suite, cliquez dans "suivant" ci-dessous à droite 

 

 

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 08:54
        Dans les récits de Mamine Sibiriak résumés précédemment, nous avons déjà vu quelques cas de paysannes battues dans cette région de l'Oural. Je pense à cette malheureuse Oxia (La stupide Oxia) corvéable à merci, battue,  grattant la terre au fond d'un chalumeau non sécurisé pour trouver l'or faisant vivre toute la famille. Il y a aussi le cas de Dounka (le mauvais garçon), jeune paysanne frappée durement par le beau-père sous les yeux du mari qui en rajoute un peu, pour la seule raison qu'elle a été importunée par le vaurien du village et a perdu son foulard. Il y a cet autre mari (les combattants) qui a frappé comme une brute sa femme qui s'était fait prendre à voler du cuivre  dans la barque sur la Tchoussovaya où elle travaillait parmi les haleurs : il ne la battait pas parce qu'elle volait, mais parce qu'elle s'était fait prendre !. N'oublions pas non plus le triste sort des femmes de soldat, ces  paysans appelés pour de nombreuses années sous les drapeaux, sans souci pour la famille restant sans ressources. Ces abandonnées sont évoquées dans le récit "Le mauvais garçon" et dans "La nuit d'or" où celle d'un des villages va faire la fête avec une bande d'ivrognes partis dépenser les acomptes touchés pour le travail de recherche de l'or. Toujours dans cette Nuit d'or, d'ailleurs, l'un des riches commerçants semble avoir mis "deux femmes au cercueil".

              Dans mes décorticages, j'ai découvert encore quelques cas de maltraitance. C'est ce problème qui sera mis en exergue dans les prochains résumés. Nous assisterons sur ce sujet à des conversations édifiantes dans le récit "Dans les pierres". Certes, 'il s'agit des moeurs d'un siècle passé, mais il semble que le sort de certaines femmes n'est guère meilleur  aujourd'hui.

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 08:52

 Quelques émissions de timbres et enveloppes à son effigie lui ont été consacrées, ce qui nous fait découvrir qu’il a « posé » pour Répine.


       http://www.philatelia.ru/classik/plots/?id=3156

- 1929 - 1930 - 1944  - 1956- 1969- 1991- « les Zaporogues écrivent une lettre au sultan turc »  Mamine posait  dans ce tableau de Répine.

- En 2002 c'est le cent cinquantième anniversaire de sa naissance qui était commémoré, en 2007, le cent cinquante cinquième.

 

 

 

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 00:32

De nos jours,  selon le site suivant

http://mi-perm.ru/ge06-1/ge2006-01-13.htm

 

l’exploitation peut avoir lieu à partir d’un montage de sociétés en SARL ; dans le cas présent la SARL, « Les Orpailleurs » exploite des terrains dans la vallée du grand Chaldink où l’or a été trouvé dès 1824. Elle travaille de concert avec une autre, la « Citrine » qui fabrique des bijoux en or. La rentabilité est obtenue par la combinaison des deux activités.

 L’article dit que la technologie employée par les orpailleurs est traditionnelle et n’a guère changé depuis l’époque de l’Odyssée. Seuls intervenants supplémentaires : les bulldozers, les filets métalliques et les tapis de caoutchouc au lieu de la « toison d’or », comme le montrent les photos du site cité ci-dessus. Deux d’entre elles concernent la production d’une journée –( 27 et 29 août 2005). Une autre photo montre la morphologie de pépites grossies trente fois. Pour le reste l’article est très technique et pas du tout de ma compétence.

 

Mais maintenant, c’est en Sibérie et surtout dans la région d’Irkoutsk que sont exploités les principaux gisements. Ils sont dans les mains de grandes sociétés telles Norilsk et Polymetal .Les occidentaux  interviennent dans la production russe pour 10 à 15 % selon l’article ci-dessous référencé qui se termine par une belle carte de localisation des régions aurifères.

 

http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/matieres/textes/ecomine_note_fev04.htm

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 19:18

         Selon Mamine Sibiriak, de son temps il existait une curieuse relation entre les compagnies exploitant les mines et les orpailleurs. D’après ce que je comprends, l’orpailleur (appelé plaisamment le carnassier) était une personne souvent très pauvre. Il obtenait l’or selon des moyens très primitifs. Il était comme une espèce de taupe et , aux dires des ingénieurs,  « gâtait les meilleures places par la production rapace des sables aurifères ». L’orpailleur travaillait parfois seul, souvent à trois ou quatre, mais rarement en famille. Il s’engageait à remettre sa production au bureau de la mine la plus proche qui détenait le bail sur les terrains. Parfois les orpailleurs tombaient sur d’excellentes places, mais ne divulgaient pas toujours ces renseignements et, au contraire,  orientaient vers de faux bruits les compagnies car c’étaient en fait eux-mêmes  qui faisaient pour elles les reconnaissances de terrains, ce que Mamine souligne dans la phrase suivante  dans son roman « Sur les monts » :  « Entre les orpailleurs et les grands propriégaires de mines d’or il y a la même lutte qu’entre les petits artisans et les grands fabricants, avec seulement cette différence que les plus grands propriétaires de mines d’or se trouvent sous la dépendance complète des orpailleurs ».



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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 10:30

Selon le site

http://jubil.upmc.fr/sdx/pl/doc-tdm.xsp?id=GH_000480_001_page68&fmt=upmc&base=fa&root=&n=&qid=&ss=&as=&ai=#page68

qui est une MINE de renseignements sur l’industrie minière russe fin XIXe début XXe siècle, il est indiqué que la production de platine dans les années 1896 -1908 tournait autour de 5000 kg et venait  de l’Oural. L’exportation mondiale officielle venant exclusivement de cette région tournait autour de 3100 kg. Mais la consommation était de 7000 kg. L’auteur en déduit donc logiquement que plus de la moitié de la production était volée et écoulée en fraude. Mais ce n’était sans doute pas le fait des seuls « carnassiers » évoqués dans « Le perceneige » dont on trouve le résumé dans les pages précédentes.

 

 

 

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 13:30

Le moment le plus cruel du récit, c’est quand le faux ami Lyzounov  réussit, par l’intermédiaire des sourires de Paraskova, à arracher le livre de bord de Starik, soi-disant pour mettre à jour les comptes. Starik, dans ce seul livre à sa disposition, y a inscrit aussi des réflexions personnelles.  Comme nous avons affaire à des gens sans cœur,  de peu de scrupules et d’éducation, Lyzounov se permet d’en faire la lecture à haute voix. – "Comment… le vieux sait même écrire !"- minaude notre Paraskova.

 

         Les notes personnelles écrites dans ce livre concernent essentiellement les difficultés auxquelles s’est heurté Starik dans la recherche de l’or sur cette mine numéro six  – les intempéries qui durent des semaines, la vodka volée par les ouvriers, la disparition de la réserve de viande salée soi-disant dérobée par l’ours, le manque de pain, la désertion de l’ancien diacre qui est parti avec le cheval et l’argent pour acheter le pain et ne reviendra pas, d’où quelques jours de famine, car on est loin de tout. L’équipe est alors réduite à boire du thé de sauge, manger des champignons et le bulbe des lys de montagne. Autre coup du sort, l’ours s’est attaqué au seul cheval restant. Il y a aussi  le départ des ouvriers qui abandonnent et la méfiance envers ceux qui sont restés qui oblige Starik à dormir avec son fusil, tout cela dans des conditions très inconfortables.  Enfin, l’or qui s’était bien caché, apparaît enfin, récompensant l’énorme effort fourni, mais amenant d’autres infortunes puisqu’il faut se lier avec des associés.  Bien sur, l’homme de terrain connaît peu « le monde ». La mésentente est courante dans ce milieu – l’appât de l’or et de l’argent facile fait rêver des individus « pauvres comme des rats », qui veulent arracher au destin « un juste bonheur » et on voit dans ce récit que tous les moyens sont bons.

         Ce sont donc des semaines d’angoisse, de soucis et de lutte qui sont évoquées dans ces lignes écrites sobrement. Leur lecture à haute voix par l’inqualifiable Lyzounov à l’attention des autres associés est gênante, tant on y sent du mépris et de la cruauté. Enfin par le truchement d’un vote bien concocté à l’avance, les associés ôteront tout pouvoir à Starik qui quittera le bureau, les larmes aux yeux,  en annonçant son départ.  Il partira sans saluer, dès le lendemain à l’aube,  avec Louka, mais après avoir élégamment déposé un bouquet de fleurs des bois sur la table de la véranda à l’intention de la dame dont il rêvait. Il avait bien pensé chasser ces personnes de sa mine, avec le fusil s’il le fallait, puisque rien n’était écrit. Seul l’a retenu son penchant pour cette Paraskova à qui il ne voulait pas faire de mal,  et peut-être le dégoût pour tout ce beau monde, ses « associés » n’étant que quelques exemplaires de ce que l’on trouve quand l’or arrive.

         Dans la mine numéro Six, l’or bientôt se cacha à nouveau et tout l’argent gagné par cette équipe fut dévorée par les travaux de recherche.  La compagnie se désintégra. Mais on dit que Starik, plus au nord, eut la main heureuse dans ses prospections.

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