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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 23:43

Bonjour –

         Nous voilà dans un drôle d’endroit  bien isolé de la civilisation – on ne peut y vivre que de  chasse, de pêche et de la recherche de l’or – le terrain vers lequel nous nous dirigeons fait partie d’un domaine qui doit appartenir à l’Etat.   L’ambiance est à la conquête des terrains aurifères, comme dans l’ouest américain. Mamine fait remarquer qu’à Ekaterinboug, ce n’est pas la noblesse qui règne, mais le marchand, l’industriel, l’homme d’affaires et qu’à leur suite évidemment, arrivent huissiers et notaires. Un nouveau monde.

         Au cours des verstes parcourues, Mamine indique la disparition d’une essence d’arbre à cause d’un vaste incendie ancien qui a ravagé une région. On découvre avec lui , dans cette région marécageuse, le cri grinçant de la perdrix,  les vols de gélinottes, de bécasseaux et de grues,  on admire les sauts feutrés d’un lièvre. Il n’y a que Flegont’, superstitieux,  qui blémit à cette vue car il croit aux signes, et quand un lièvre te barre la route … c’est que l’on se met en travers de ton chemin !

         Voilà enfin la Raison, village qui ne vaut guère mieux que les Nourrissons – Là aussi la boisson fait des ravages. L'homme de confiance de Flegont' est ivre-mort et inutilisable.Des éclats servent de divertissement au public exceptionnel de cette veille du 1er mai, quand tout voltige par les fenêtres, y compris la baba. Le village  est si démuni que les « partis », au nombre de dix-sept,  réunissant au total  deux cents personnes, organisent des campements de fortune : les chars sont mis les uns à côté des autres, les brancards sont levés, quelquechose recouvre le tout et voilà l’hôtel ; les feux sont à même la terre, les chevaux  se promènent à leur gré.  Ensuite, c’est le souk –  on se surveille les uns les autres sans en avoir l'air, chacun va essayer d’avoir des renseignements sur le voisin et, surtout, chacun veut se trouver le premier sur la parcelle de terrain convoitée pour la « marquer »  dès la première heure avec des poteaux. Une parcelle, et la loi n'en tolère qu'une seule par parti, c’est cinq verstes (env . 5 km) le long d’une rivière sur 100 sagènes (213 m) de large. La première heure c’est minuit le 1er mai. La veille au soir, avec des ruses de sioux, notre Flegont’  a divisé son groupe en deux pour tromper l’ennemi, et il se dirige en catimini, de nuit,  pour faire ses marques sur le lot convoité. Mais il ne sera pas le seul !

 

(cliquez sur "suivant" en bas à droite)

 

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 17:01

Le Lac Chartach, près duquel passent nos héros, se tient à la périphérie nord-est de Ekaterinbourg.  C’est  vers  ses rives, non loin de la rivière Pichma, qu'en 1745, un paysan, vieux-croyant, Erofeï Markov,  a trouvé,  le premier, de l’or en Oural  alors qu’il cherchait en fait des pierres. Sa découverte, de quelques grammes, sans doute, lui aurait été payée 42 kopecks. Mais il faillit être envoyé en prison pour «recel de métal précieux» quand «les autorités» ne trouvèrent pas le bon filon qu’ils espéraient !  Pourtant c’est vers cet endroit que la grande mine d’or Berezovski s’est ouverte quelques années après, venant compléter les petites usines existantes. Une statue a été érigée en l’honneur de Erofeï Markov…  Les mines sont toujours en exploitation. La ville moderne de Berezovski est construite sur le lieu où Erofeï Markov fit sa trouvaille.

Quant au lac Chartach, il est paraît-il  poissonneux et fait la joie des pêcheurs qui peuvent s’abriter à l’ombre des «tentes» de pierre qui sont la curiosité du site.
  

 

 

 

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 11:52

         Avec Mamine Sibiriak, je vous propose de  quitter la  Tchoussovaya,  rivière folle mais éclatante,  pour de sombres forêts  où ruisseaux et  rivières se rejoignent, en compagnie d’un futur propriétaire de mine d’or.

         L’histoire se passe à environ cent kilomètres d’ Ekaterinbourg – 1,400,000 habitants actuellement, mais seulement quelques dizaines de milliers à la fin du XIXe siècle -.

          Un Sibérien vient chercher notre narrateur dans cette belle ville  pour l’emmener dans un village, au fin fond de la forêt, où doit se disputer , le 1er mai de cette année là, l’autorisation d’exploiter des parcelles de terrains aurifères. Nous voilà donc partis en voiture tirée par deux chevaux kirghiz avec Mamine, le sibérien Flégont’ – c’est  son prénom -  et  le cocher bohémien… C’est le printemps, mais comme de juste, il fait un peu frisquet – encore un peu de glace sur le lac Chartach qui longe Ekaterinbourg, une petite description de la ville  remplace la photo de voyage , on passe sur l’autre rive de l’Iset puis on va vers la montagne, d’abord par un large chemin d’usine, puis ensuite par quelque chose de moins tracé dans les bois.

         Où va-t’on exactement ? -–  en direction de la Pritchinka, petite rivière,  affluent du grand Soulat.  Notre Flégont ‘ y a décelé de l’or, une affaire extraordinaire, qu’il a bien préparée secrètement.  Il s’est donc placé sur les rangs des « partis », c’est à dire des concurrents qui désirent remporter un lot. Il espère d’ailleurs qu’il n’y  aura pas de « partis » sérieux contre lui pour la parcelle convoitée. Il nous faudra passer d’abord par un petit village situé sur le chemin, appelé « les Nourrissons » - le nom est charmant mais le village, vieux, pauvre, de guingois, l’est moins. On verra peu de monde ce soir-là, car tous les moujiks, ou presque,  sont ivres.  Or, pour être ivre il faut avoir bu, et pour boire il faut de l’argent – regardons du côté des « partis » qui ont besoin de main d’œuvre et de renseignements… et si j’ai bien compris, les moujiks donnent, ou plutôt vendent leurs renseignements à plusieurs partis – prennent l’acompte… et s’empressent d’aller le boire. Déception de Flégont’ qui avait confiance dans ses relations villageoises et qui craint tout de même quelques indiscrétions.

         A demain, donc, avec les ouvriers rassemblés, en direction de la Raison, petit village sur la Pritchinka, non loin du futur eldorado.

(1) pour la suite, cliquez dans "suivant" ci-dessous à droite

 
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 11:14

         Bonjour – J’espère que j’ai éveillé votre curiosité sur ce qui se passait sur la Tchoussovaya,  cette  belle rivière de montagne, et sur l’auteur de ce récit, Mamine Sibiriak.  Les personnages de ce roman sont intéressants, on vit avec eux, on s’inquiète avec eux.  Mamine évoque des problèmes qui sont toujours d’actualité que ce soit sur la distribution des biens, la rentabilité des capitaux,  le remplacement de l’homme par la machine,  la défense de la nature. Ecologiste avant l’heure, malgré qu’il soit chasseur lui-même, il défend l’animal sauvage,  a une grande admiration pour l’oiseau migrateur et déplore que l’homme en soit le principal prédateur. Il souffre de voir les rives de la rivière saccagées par les coupes d’arbres sur les territoires appartenant aux usines  – c’est qu’il en faut du bois pour faire du fer et  toutes ces barques qu’il faut construire tous les ans.. Elles en demandent énormément,  et du bon.  Et ce sont quelques centaines d'embarcations, jusqu’à 600, qui arrivent  à Perm au printemps pour décharger, là ou plus loin,  leurs cargaisons venant de nombreuses usines installées parfois à de grandes distances de la rivière, au gré des mines.

                                                                                                                                             

          La Tchoussovaya faisait entre 60 mètres et 300 mètres de large – la navigation  a été améliorée par  la destruction de certains fonds dangereux ( une « première » paraît-il dans le monde selon un article trouvé sur le net) ; la fin de son cours fait partie maintenant d’une grande réserve d’eau. Et il y a des fêtes-souvenirs  sur les rives de ce fleuve, à l'occasion desquelles les jeunes spectateurs lancent sur l'eau des petits bateaux de bois avec une chandelle allumée.

         Le récit est très précis et quasi technique en ce qui concerne le flottage, les différents courants, les manœuvres -  il y a aussi plusieurs histoires dans l’histoire (sur les vieux croyants, sur l’origine de villages, sur certaines légendes,) – Mais c’est aussi un très beau roman ;  Comment oublier le flotteur Savoska qui intéresse particulièrement l’auteur, et le vieux Loupane, et le grincheux Porcha -  comment ne pas être soucieux avec Silanty et son artel paysan. Comment ne pas détester le doucereux « Plus »  Egor Fomitch, et mépriser un tant soi peu le commis du caravanier,  le criard et bambocheur Ossip Ivanytch, Voilà, j’ai fait ce que j’ai pu pour dire que ce texte existe et qu’un esprit curieux y trouverait de quoi faire, et aussi de quoi rêver. J'espère que vous prenez plaisir à regarder les photos des "combattants" sur le site signalé dans un de mes messages.








 

 

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 02:03
Oural - La Tchoussovaya, affluent de la Kama
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 00:28

Bonjour,


 La vodka, vous aimez ? avec des « zakouskis » c’est à dire des tas de petits hors d’œuvres salés, très agréable, mais modérément. Et pas tous les jours…

         Un rapport vient d’être publié en Russie sur la démographie actuelle et a été traduit en français puis mis sur Internet via l’IFRI. Aujourd’hui il y a un gros problème démographique chez nos voisins russes dans lequel s’inclut une trop grande mortalité masculine. On annonce que tous les ans 500 000 Russes ( et plutôt des hommes) passent de vis à trépas à cause de « cette petite eau qui pique » comme l’appelait un enfant. Mais je reviens au récit :

         Eh bien, sa majesté la Vodka joue un rôle non négligeable chez nos haleurs . Peut être moins chez les paysans qui sont souvent vieux-croyants.  Ils étaient nombreux en Oural a avoir gardé l’ancienne foi qui ne permettait pas les excès et interdisait même le  thé, la pomme de terre et le tabac, le diable en personne « par qui venait la méchanceté du monde » - ça venait surtout de l’étranger !

         Avant le départ, le cabaret était plein d’ouvriers d’usine venus dépenser leur acompte en buvant, chantant et en jouant de la balalaïka.

         Pendant le flottage, interdiction de boire, mais pendant la seconde « poigne » due au mauvais temps, certains ont bien trouvé le moyen d’aller vers un lieu habité où ils ont trouvé ce merveilleux breuvage.

         Comment soigner  quelqu’un qui a de la fièvre, sinon le frotter avec l’alccol. D’ailleurs, il n’y a pas de médicaments.

         La vodka est surtout là, dans la dernière partie du voyage, alors qu’on en a terminé avec les pierres, que la rivière s’élargit mais qu’elle vous tend le piège du banc de sable ou du fond caillouteux. Quand la barque « se pose », comment encourager les haleurs à rester dans l’eau glacée jusqu’au crépuscule pour tenter de la déplacer sinon en leur apportant, dans l’eau, sur le lieu de travail,  le petit verre. Avec la "Doubinouchka", le chant des haleurs, ça aide.

         Enfin, arrivés à Perm, ayant reçu le solde de tout compte, combien vont aller au marché noir – le marché communal porte ce nom – y traîner dans la boue, et finir par entrer dans une gargote pour boire l’argent si difficilement gagné.  Comme dit si bien Mamine, comment leur en vouloir, après tout ce qu’ils ont vécu comme souffrances, avant et pendant le flottage.

         Pendant ce temps-là, chez le caravanier, ça boit aussi pas mal, mais là on se gave de vins fins et de champagne, de cognac  et autres importations, comme les homards et les pâtés de Strasbourg !

 

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 11:11

 3967054.jpgLES ECRITS -  Dans cette pierre il y a une petite grotte. Au-dessus, très haut, une croix a été gravée avec une inscription. Juste en face d'elle, sur la rive opposée, une immense croix faite d'un seul bloc a été dressée en son temps, commémorant la naissance du fils d'Akinfi Demidov : Nikita en 1724. Cet Akinfi était l'homme le plus riche de la Russie après le Tsar. Il est à l'origine de la création de nombreuses fonderies, de mines de fer, de cuivre en Oural où la vie était particulièrement difficile pour le serf, mais Akinfi fut anobli.

 

 

les combattants : suite en cliquant sur suivant à droite

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 00:08

 

Bonjour – un mot sur les magouilles.

 

         D’abord pour ces Messieurs, le haleur, c’est la plaie – il a des prétentions, parfois, de préférer son champ !  Comme la paie est ridicule, il faut encore la rogner – avec des amendes : par exemple, si tu arrives en retard  - tant pis, même si tu viens de fort loin à pied ! les paysans sont groupés en artel – l’un vient à manquer, l’artel entier est solidairement responsable. Economie sur le nombre également, là où il est compté 60 hommes, on en met en fait que 50 – on oublie de déclarer les invalides. Les femmes sont certainement comptées comme des hommes, mais en réalité payées moitié moins… etc. Le renflouage des barques est-il toujours déclaré... C’est aussi bien à l’échelle de la direction que de celle de l’employé que les entourloupes ont lieu. Il paraît que c’est juteux de travailler sur les caravanes (pas en tant que haleur ou flotteur) et l’encadrement, si pauvre qu’il était au départ, termine sa carrière avec quelques biens solides et rentables à Perm ou autre ville.

 

         Magouille – il arrive qu’il y en ait aussi du côté des haleurs. Dans le récit, trois ouvriers d’usine, par ailleurs les meilleurs haleurs, ceux qui savent aller de barque en barque avec le canot, qui savent risquer gros et font quasi du corps à corps avec le danger, ces moujiks-là s’étaient débrouillés lors de la halte forcée pour dérober du cuivre grâce à l’aide d’une des femmes. Du cuivre à bayonnette – les usiniers œuvrent pour le conflit en cours. Découverte, la belle est maltraitée par le responsable de la barque, mais le pire, c’est que l’un des trois ouvriers – le mari – l’a battue quasi à mort pour s’être fait prendre, devant toute l’assemblée qui a regardé cela d’un œil absolument indifférent, pour ne pas dire approbateur. C’était le mari qui battait, alors il avait le droit !. Même le flotteur a laissé faire… si ce n'avait pas été le mari, on aurait peut être réagi ! Mamine Sibiriak s’est beaucoup intéressé au sort des femmes – il y a des textes intéressants sur le sujet.

         Demain, j’aborderai un problème qui joue encore des tours à nos voisins russes – et qui tient une grande place dans cette histoire : la vodka.

 

cliquez sur suivant à droite

 

 

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 11:51

Voici un site sur lequel on trouve quelques vues de la Tchoussovaya et surtout des pierres. En cliquant   vous trouverez de superbes photos de ces fameux combattants (Камень...) auxquels s'affronteront nos barques dans ce flottage de printemps quand la rivière est haute et violente. Il y en a des dizaines.  J’ai en main un schéma destiné aux canots, kayaks,, qui  dénombre 195 rochers, tous dûment nommés.

http://www.uralweb.ru/albums/foto.php?f=cc271950bba6d4f4b566acf45aa2477e#t

 

et on retrouve les combattants, cliquer sur suivant à droite



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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 10:31

Bonjour – j’espère que je ne vous déprime pas. Alors on va suivre les haleurs. 

         En versant brutalement la réserve d’eau de l’immense étang d’usine dans la rivière, la glace a cédé  et on va  pouvoir enfin partir, tout du moins les caravanes des quais du cours inférieur. A Kamenka les barques sont mises à l’eau et on les charge. Deux-trois jours après on réouvre les vannes et cette fois-ci  c’est le quai de Kamenka qui libère ses barques. Elles vont filer sur la Tchoussovaya après avoir passé l’écluse (Le village est à l'intersection de la petite rivière Kamenka avec la Tchoussovaya )  Il y a  deux bonnes douzaines d’embarcations.  Elles sont bénies par le pope (il a béni aussi les morts du typhus). Le « Plus » agite un mouchoir blanc, Un coup de canon déchire l’air, et les voilà « nageant ».

         Au départ, ça irait plutôt,  il y a même la première halte (la poigne d’après la traduction) qui se passe bien –  Mais le temps est mauvais – il pleut - et on a pris du retard avec les fichus repas de Monsieur « PLUS »  comprenez le « plus haut » des actionnaires. Et se profilent à l’horizon les fameux combattants, je veux dire les rochers qui bordent la rivière, ou qui avancent leurs arêtes devant les barques pour les empêcher de passer, les sauvages ! Avec ça la Tchoussovaya gonfle bien trop par rapport à la moyenne.Et que je valse, et que je te fais des tournants et des crochets,  juste là où il ne faudrait pas, à cause des « pierres » qui attendent, aidés par le courant féroce, les malheureuses barques pour leur faire la fête. A en avoir des cauchemars. Ces fichus combattants ils ont des noms : La Pierre Haute,  Le Four, la Bouvière, le Brigand, Molokov, etc. Ceux-là sont très dangereux. Une année, une barque sur cinq n'est pas arrivée à Perm.   En 1873 il y a eu une centaine de morts et un nombre fou de « barques consummées de chagrin » comme dit le haleur pour qui l’embarcation est un être vivant et pour lequel il a des expressions très imagées. C’est là où le flotteur devient le héros car c’est de toutes ses qualités et de son sang-froid que va dépendre la survie de la barque et de son équipage.

         Je ne peux entrer dans les détails de ce combat. Tout est décrit par le menu. Tout ce que j’ai retenu, c’est qu’en plus, à cause du mauvais temps et de la rivière trop haute, il a fallu faire une « poigne », un arrêt de cinq jours non prévu sur un petit bout de rive accessible dans le plus complet inconfort. Là, les paysans, n’en pouvant plus de sentir leurs champs non ensemencés, ont pris la poudre d’escampette, sans rien dire à personne. Il seront remplacés par des ouvriers d’usine. Les paysans n’auront pas leur paie, évidemment, mais peut être la vie sauve. Car il ne fait pas bon mourir sur la rivière. On te met sur la berge et les bonnes gens t’enterrent là. Point. Si tu es accidenté, idem, sur la berge … et tu te débrouilles. Et pour plus tard, pas de pension, que la loi  pourtant a prévue.   Là on aborde toutes les magouilles possibles.

 

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