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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 14:59

Koulibiak.jpgConnaissez-vous les LES NOUVELLES UKRAINIENNES de GOGOL. L'une d'elles, "Un ménage d'autrefois", vous fait venir l'eau à la bouche. Il y est question des provisions de la bonne dame Pulchérie, de son verger, de ses confitures de ses liqueurs, de ses petits pâtés, de ses salaisons et terrines. J'ai laissé là ma lecture et, en avant la confection d'un koulibiak. Ce n'était plus possible. Mon estomac criait famine ! L'invité du jour, mon cher fils, apprécia fort et engloutit le koulibiak au saumon. Un autre trouvera place dans le congélateur (nous sommes au temps présent) en attendant la prochaine soirée "dominos" où j'espère bien gagner. Ce sera le lot de consolation pour le partenaire. C'est avec une pâte levée que  je l'ai fait, le pâté, avec riz, oeufs durs et champignons, relevé d'un petit frisoti d'échalotte... avec en plus quelques tendres feuilles d'épinard et des darnes de saumon cuites dans un court-bouillon soigneusement composé ! Bien évidemment, ce pâté bien chaud est servi avec une petite crème citronnée bien fraiche agrémentée de fines herbes.

La recette est tout bêtement sur google !

Je ne saurais trop vous recommander les oeuvres complètes de cet auteur russe, GOGOL, un vrai régal "littéraire". Le meilleur, mais il faut avoir une idée du servage russe de l'ancienne Russie, étant LES AMES MORTES, drôle d'histoire qui s'appuie sur des faits réels.

gogol.jpg

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 11:11

La dépêche

 

la-depeche.jpg      Cette  courte nouvelle va nous transporter directement à Petersbourg où réside Koko le plus jeune des rejetons de la très célèbre et très fortunée famille Mezdrine-Ukhvatov. Cette famille, selon les générations, s’est plus ou moins couverte de gloire, mais elle a,  par contre,  toujours et fermement accru ses biens, en ayant soin d’ailleurs de les diversifier : vignobles en Crimée, poissons sur la Caspienne,  mines d’or en Sibérie, lacs salés, forêts… on n’en finit pas d’énumérer.  Le chef de famille,  c’est la mère de Koko, Elena Anatolevna,  qui vit continuellement dans les « bords chauds » comme dit le majordome, c’est à dire dans les villes d’eau, ou quelque part en Europe.  On ne parle  que français évidemment. Ceci a de l’importance pour notre histoire.
         Le dernier rejeton, le petit Koko, a eu une enfance « voyageuse ». Dès le plus jeune âge, il allait de pension en pension, en Angleterre, puis en Suisse, puis en Italie. Il eut droit enfin de choisir lui-même son tuteur et il revint vivre à Petersbourg où le majordome, Ivan Andreitch, s’occupait de ses affaires.
         Au moment du nouvel an, Ivan Andreitch doit donc « faire les comptes »,  épurer toutes les dettes et présenter la note à la tutelle avec la signature du cher Koko.,
         Une autre fonction occupe aussi notre  majordome : Présenter les vœux de Koko à sa mère par télégramme et recevoir les vœux de la Grande dame, c’est à dire l’en remercier. Le tout en français comme il se doit. A part les fêtes annuelles, il y a  aussi les naissances et les décès.
         Evidemment, chez  Elena Anatolevna, c’est son majordome qui s’occupe de ce type de courrier  à la place de sa maîtresse, et cela se fait automatiquement de chaque côté, sans que les intéressés y participent.
         Donc voici le défilé des fournisseurs qui viennent présenter leurs notes – salées pour la plupart – elles concernent les cochers, le tailleur,  mais aussi  les bagatelles – qui vont de la bohémienne à l’Allemande en passant par la Française – voilà pourquoi ces factures pour deux douzaines de chemises féminines et une douzaine de chemises de nuit  !...  Et les restaurants et … et…  Que va en penser la tutelle ! se préocuupe Ivan Andreitch...
 Pointilleux,  il se fait du souci. C’est à ce moment que le serviteur Gricha apporte un télégramme de Paris. Ivan Andreitch met la dépèche de côté et continue ses vérifications: « seize roubles un porcelet !... » et les discussions avec les créanciers. Quant au cher Koko, il dort. Et au réveil il l'a envoyé promener, en l'injuriant, quand il est venu présenter les  comptes.
 
         Revenu au bureau, Ivan Andreitch  s’occupe maintenant du télégramme. Il en connaît le contenu, mais tout de même, il met ses lunettes et déchiffre le message en français … il est un peu plus long – la phrase ajoutée aux voeux classiques est inhabituelle,  et il n’arrive pas à l’analyser …  Ah, le vieux birbe a voulu plaisanter….  Il est vrai que d’habitude les phrases entre Petersbourg et Paris étaient soigneusement recopiées d’année en année par les majordomes….  Or, dans le post-scriptum qu’Ivan Andreitch ne pouvait pas analyser, était écrit « votre mère est morte », bien que le télégramme soit signé par la défunte….
 
         La vérité s’est découverte seulement le lendemain, quand le tuteur est venu confirmer la nouvelle.  Le jeune Koko, mécontent, s’est tourné vers Ivan Andreitch : - « Eh bien, vous, là… télégraphiez quelque chose… ».

 

Mamine Sibiriak

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 10:56

pisateli-1_thumb_medium250_0.jpgC'est à Sourgout  que le prix Mamine Sibiriak a été décerné cette année à Serguey Lagerev et Jeremie Ajpin.

Lors de la conférence de l'Association des écrivains de l'Oural qui précédait la remise de prix, les représentants de seize organisations d'écrivains de l'Oural et de Sibérie se sont montrés préoccupés de la littérature dans les langues nationales des minorités, à leur avis, totalement insuffisante. Autrement dit, la Sibérie étant une véritable mosaïque de populations, mieux vaudrait qu'il y ait des traductions dans chaque langue  afin que chacun ne soit pas sourd à ce que l'autre lit ! pas simple ....

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 08:01


ms barqueLe temps passe, la société fait d'immenses progrès... techniques. Nous sommes passés de la plume d'oie au traitement texte et pas besoin du coursier pour vous envoyer mon message, les réseaux sociaux vont plus vite... Mais pour le reste...

Ce blog a été conçu primitivement pour faire connaitre un auteur, Mamine Sibiriak, le Zola ouralien, aux lecteurs de langue française car les éditeurs l'ont boudé. C'est bien dommage. Aujourd'hui je regarde des sites russes et je trouve quelques dessins qui illustraient certains de ces récits concernant le transport des métaux sur la Tchoussovaya - (les bateliers de la Volga, si vous voulez, mais en pire) - Donc photos, et si vous avez un peu de curiosité vous allez au début de ce blog. Sibiriak est peut être un auteur du XIXe mais il reste malheureusement fort moderne, ce n'est pas moi qui let dit. Tout plie encore et encore devant notre grand seigneur l'argent. J'ai raconté une vingtaine de ses nouvelles, dont la première est celle-ci, véritable reportage sur le transport des matières premières qui ont fait la fortune de la Russie : le fer, le cuivre. D'autres ont trait à l'or et aux pierres précieuses. C'est à votre disposition, mes chers lecteurs, à partir d'août 2009, début de ce blog.

 Les combattants - le flottage sur la rivière Tchoussovaya (1)

 

Barque sur la Tchoussovaya (ci-dessus et ci-dessous)

photo d'époque

carte indiquant les rochers sur la Tchoussovaya dont les fonds dangereux ont été aplanis et ouverte aux maintenant au sport nautique. Son cours a été régulé et l 'arrivée sur Perm est une vaste réserve d'eau.

ms-rocher.jpg


ms-photo.jpg

ms-tchouss.png

 

 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 23:00

pris-mamine-sibiriak.jpgLe 6 novembre dernier, les prix littéraires  Mamine Sibiriak 2013, ont été distribués aux lauréats suivants : la poétesse Liudmila EFREMOVOJ, Alexandre  TCHINENKOV, Dmitri FEDOTOV, TCHERKACHIN PAVEL pour un conte de fée ,  Nikolay DOROCHENKO et Vladimir SITNIKOV.

La cérémonie de remise des prix a lieu  tous les ans dans une ville de la Région de l'Oural : Iekaterinbourg,  Perm, Nijnii- Taguil, Khanty-Mansijske, Tchliabinsk, Magnitgorsk, Orenbourg… Cette année, c'était au théâtre des marionnettes de Kirov que ce sont passées les festivités.

Ce prix a été institué en 2002 -  88 écrivains ont reçu un prix Mamine-Sibiriak, le grand chantre de l'Oural de la fin du XIXe siècle. 

Petit rappel - Mamine Sibiriak n'est pratiquement pas traduit en occident et c'est fort dommage. C'est en fait le "Zola" de cette région où s'est fait l'industrie de la Russie, grâce au fer, au cuivre, aux pierres précieuses, et à une main d'oeuvre gratuite.... ce qui n'est pas sans rappeler le goût immodéré de nos industriels aujourd'hui pour aller chercher cette main d'oeuvre là où elle n'est pas chère, sans tenir compte que - sans travail pour les autochtones - pas d'argent donc pas de marché ! à moins que l'Etat ne mette la main à la poche et en distribue, ce qui fait augmenter les impôts des sociétés, évidemment.....

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 12:02

Pour ne pas me prendre trop  la tête avec les Présidentielles, j'ai regardé ce qui se passe à l'est de l'Union Européenne, via Ria Novosti,  chez Poutine et Medvedev qui semble-t-il font toujours tandem.

      Medvedev a évoqué 7 indices clé pour évaluer l'efficacité du pouvoir, ceux-ci allant de l'espérance de vie qui doit augmenter jusqu'à 75 ans,       la création de millions d'emplois hors matières premières, l'amélioration du logement, etc. 

      On parle aussi d'une nouvelle loi entrée en vigueur le 4 avril dernier qui permet de créer de nouveaux partis politiques - 500 adhérents suffisent au lieu des 40.000 précédemment requis. 143 demandes d'enregistrement de nouveaux partis auraient donc été déposées auprès du Ministère de la Justice. Jusqu'à présent seuls 7 partis existaient.

 

      Que l'actualité ne fasse pas oublier le but de ce blog qui était de faire connaitre un vieil écrivain - je rappelle les articles qui le concernent.

        Mamine-Sibiriak, contemporain d'Emile Zola

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 02:40

Il y a un peu plus de deux ans j'ai ouvert ce blog pour partager une découverte sympathique : celle d'un vieil auteur russe pratiquement inconnu en langue française. J'ai essayé de raconter une bonne vingtaine de nouvelles que je trouvais intéressantes. Comme certaines de celles-ci étaient assez longues, je les ai racontées en plusieurs articles. Ce qui n'est peut être pas pratique ! Mais bon…. On les trouve en cliquant là : Mamine-Sibiriak, contemporain d'Emile Zola . 

J'espère que je ferai des émules.

 

 

 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 05:43

Voici un polar qui n'a guère fait fuir mon sommeil car, je l'avoue, je me suis complètement embrouillée dans les personnages. Deux jeunes gens  se conduisent fort mal, puis l'âge venu, l'envie de faire une carrière politique pour l'un d'entre eux l'amène à vouloir effacer les traces du passé. Mais  la police est truffée de  gens appartenant à la mafia, et tout ce monde s'agite au gré des "intermédiaires". Bien sur, il y a, en fin du bouquin, la liste les personnages principaux… où je n'en trouve pas deux, ceux par lesquels l'épilogue arrive enfin. D'ailleurs, c'est l'un de ces deux personnages qui, pour moi,  est le vrai cauchemar de ce bouquin : un jeune garçon doué d'un cynisme tel qu'on ne peut ou qu'on ne veut vraiment pas y croire.

Certes, le crime "politique" ça existe… mais c'est tellement tordu que je suis plus sensible aux nouvelles de Mamine-Sibiriak où le crime reste au niveau humain, même quand il efface les traces d'un vieux forfait : 

Mamine-Sibiriak : Sur le lieu du crime

      6 autres policiers d'Alexandra Marinina sont parus en français chez Seuil.

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 09:46

Comme il est inutile de tourner en rond en attendant des jours meilleurs, où seront réglés conflit libyen et  accident nucléaire japonais,  j'ai jeté un coup d'oeil sur un site d'enseignement à distance donné par l'Université de Moscou et qui concerne la littérature du XIXe siècle.

J'ai essayé de comprendre le chapitre VI de "l'histoire de la littérature russe"  de V.I. Koulechov qui aborde le courant naturaliste et donc l'oeuvre de Mamine-Sibiriak considéré comme le disciple de Zola.

Trois romans sont analysés, concernant la vie des nouveaux usiniers, plus aptes à dépenser leur fortune qu'à gérer leurs usines,  la vie ouvrière et sa propre corruption, le tout dans une suite de faits souvent dramatiques, mais en présentant avec sympathie le travail des ateliers. Il s'agit des Millions de Privalov, du Nid de montagne et de l'Or.

Pourtant, d'après Koulechov on trouve les pages les plus talentueuses de l'écrivain dans certains de ses nombreux essais et récits. Mamine produit des cycles tels  "récits de l'Oural", "récits sibériens"  souvent réalisés à base de faits authentiques recueillis pendant ses voyages en Oural, par des consultations d'archives ou d'histoires glanées auprès des habitants, conservateurs de légendes que l'on se passe de génération en génération. Dans les essais, il donne nombre d'informations historiques et ethnographiques  tout en présentant quelque cas extraordinaire, souvent criminel (meurtre, pillage) que cela se passe à l'usine, lors de l'ouverture d'un gisement d'or, d'une évasion du bagne,  ou chez les nouveaux riches. 

A la fin de sa vie, Mamine a écrit une série de romans (Les orages du printemps, Les germes précoces, Sans nom). Ce dernier serait un roman utopique où il développe l'idée d'une réconciliation entre maîtres et ouvriers, préfiguration d'un capitalisme raisonnable.

Koulechov loue également le Mamine-Sibérien conteur, dont les dernières oeuvres furent consacrées  à la littérature enfantine (les contes d'Alénouchka).

Tout cela paraît bien sec, mais j'espère qu'au vu des condensés des récits mis sur ce blog, on s'aperçoit que l'auteur saisit avant tout la dimension humaine de toutes les situations. Il nous rend chaque personnage bien vivant dans le tourbillon ou les aléas de sa vie, et qu'il soit sympathique ou non,  nous fait souvent éprouver à son égard pitié ou compassion.

Un aperçu de l'oeuvre de Mamine-Sibiriak

 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 06:10

Je viens de relire deux nouvelles de Nicolas Leskov : Lady Macbeth au village et  Platonide et Cotin. : fin fort sombre pour la première qui va du mari trompé au drame de la jalousie, étonnante pour la seconde où seule, la jeune Platonide semble punie pour tous les péchés qu'elle n'a pas commis. 

 

Cela me rappelle un récit de Mamine-Sibiriak que j'ai "décortiqué" il y a quelques mois et dont je n'ai jamais mis le condensé sur ce blog. Il s'intitule "Le péché non consommé". 

Il s'agit  d'un pope vivant avec sa famille dans une région éloignée de tout en Oural et qui dessert des villages et hameaux forestiers perdus au milieu de marais inaccessibles à la belle saison. Une femme vient le chercher à dos de cheval pour qu'il donne les derniers sacrements à son oncle mourant. Malgré le danger du chemin et l'épidémie de choléra qui a atteint son jeune enfant, le pope va  où sa charge l'appelle. Le mourant lui conte une drôle d'histoire. Ce paysan, vers ses quarante ans, était marié à une femme de faible santé qui ne pouvait l'aider dans sa tâche. Il prend donc à son service, pendant les moissons la "femme de soldat" du village qui peine pour nourrir ses enfants pendant que la mari a été happé par les autorités pour faire la guerre.  Mais  des liens se tissent entre le paysan et cette femme. Bientôt, elle s'accroche et fomente un plan pour se débarrasser de l'épouse. Un jour que la rivière sera haute et violente, elle fera chavirer la barque qui leur permet de rentrer à la maison et dans laquelle elle se tiendra avec l'épouse… Le mari alors se précipitera de la rive et l'aidera à sortir de l'eau pendant que sa frêle légitime se noiera. Le jour tant attendu arrive. Le plan est mis à exécution. Le mari se précipite, attrape une chevelure, sort la femme. C'est son épouse. La maitresse pendant ce temps est emportée par la rivière. Il n'y a donc pas eu crime de la part du mari. Mais il ne peut partir l'âme en paix sans demander pardon pour ce péché non consommé !

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