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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 08:49

Bonjour,  je continue à vous raconter .. 

         Nous voici sur le quai  de Kamenka , port fluvial du cours supérieur – il faudra transporter fer, cuivre et fonte à Perm à plus de quatre cents kilomètres,  là où la Tchoussovaya se jette dans la Kama. La Kama, comme la Volga sont des fleuves tranquilles par rapport à notre montagnarde dont le courant peut être dix fois plus rapide.

         Donc on embauche. Le caravanier (la société de transport) va prendre pour haler des paysans, des ouvriers d’usines et des professionnels qui vivent sur les quais.

         Les plus malheureux à mon sens, les plus en guenilles, ce sont les paysans – ils viennent souvent de très loin, en laptis ( espèce d’article chaussant en écorce de bouleau tressé), ils partent de chez eux parfois trois semaines et plus avant la convocation, le travail dure environ une semaine , selon le contrat et les aléas, puis ils retournent chez eux –à pied - ils peuvent donc être partis bien plus de deux mois de la maison, sans qu’ils aient vraiment voulu ce travail qui arrive quasi au moment où il leur faudrait ensemencer les champs. Pourquoi sont-ils là – eh bien, en gros il n’y a plus de servage, on leur a vendu la terre (trop cher) les récoltes sont mauvaises – ils ne peuvent pas joindre les deux bouts et ne peuvent payer l’impôt ( la taille) au Volost ( administration de leur village). Le caravanier, filou, envoie ses recruteurs là où il sait que les récoltes ont souffert. Le recruteur va au volost, prend la liste des débiteurs – et leur fait signer un contrat pour le flottage, avec l’assentiment des responsables du volost : tu vas au flottage, tu ramèneras tes 6 ou 7 roubles pour payer ce que tu dois. Tout cela c’est un des paysans : Silanty, qui le raconte dans le récit . La paie pour le halage, lamentable :  le chiffre est dit : 8 roubles pour l’homme, 4 roubles pour la femme qui ne devrait, selon la loi, jamais être embauchée . Mais la loi ! Quant aux ouvriers d’usine, si j’ai bien compris, on ferme les usines pour quasiment les obliger à faire ce travail de quelques jours ! C’est que si la Tchoussovaya est un long fleuve tranquille au long de l’année avec de rares villages sur ses rives,  il s’y presse au moment du flottage dans les vingt cinq mille personnes. Son rôle est très important dans l'économie du pays. Chaque flottage de printemps emmène vers les grands centres la production desdites usines, quelques 6 millions de pouds de marchandises,  (100.000 tonnes).
A demain... sur le quai. 

 

 

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Published by Tante Blanche - dans Géographie littéraire
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