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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 13:56

Bonjour,   merci d’être là.

 

         Je continue donc à vous raconter. La Tchoussovaya, navigable sur quelques 600 km,  est une curieuse rivière qui prend sa source en Asie, passe « la frontière » et vient descendre les pentes ouraliennes en Europe. C’est la seule à faire cela paraît-il.  L’Oural :  il regorgeait à l’époque de minerais : fer, cuivre, or, diamant, pierres précieuses,  malachite, tout ce que l’on veut. Evidemment on y installa vite des usines,  autour de ces usines on installa les villages ou devaient vivre les  ouvriers-paysans guère mieux lotis que pendant le servage aboli en 1861, une vingtaine d’années plus tôt ( le récit date de 1883). Donc la fonte, le fer, le cuivre – il faut le transporter. Le chemin de fer est en train de s’installer, mais il n’est pas encore arrivé sur les hauteurs de la Tchoussovaya. Il reste donc la voie d’eau.  Une voie d’eau que l’on peut descendre, mais qu’on ne remonte pas, sur une rivière praticable quelques jours par an,  au printemps. Chaque port fluvial, appelé « quai » fabrique donc ses barques qui descendront à Perm. (J’ai vu quelque part qu’ensuite elles seront vendues comme du bois).

         Parlons de ces barques : des engins de 38 mètres de long, environ 8 mètres de large, un peu comme une tortue avec à l’avant et à l’arrière deux énormes poutres que j’appellerai faute de mieux rames-rondins  plutôt que gouvernail  – il faut diriger les barques soit par l’avant soit par l’arrière. – elles semblent posséder deux ponts. L’ossature est faite carrément de sapins tout entiers avec une partie de la racine qui sert de pied s’encastrant sous le plancher de la barque –  Mamine les décrits en détail et indique qu’elles sont très rudimentaires par rapport à la difficulté de la navigation dont il explique techniquement tous les détails . Mais c’est solide . L’engin terminé, colmaté au goudron,  a demandé 300 rondins pour sa fabrication. Il est mis à l'eau au dernier moment et  devra transporter une bonne cinquantaine de haleurs , plus de deux cents tonnes de métaux et deux ou trois voyageurs peu fortunés obligés de prendre ce mode de transport pas du tout sécurisé.  Avec le métal, la foule de haleurs, les voyageurs, les provisions pour quatre-cinq jours, il y a aussi le chef de l’embarcation et le flotteur (ou pilote) responsable de la route et des haleurs–  c’est lui le héros du roman, celui duquel dépend la survie de tous.  A demain, sur le quai de Kamenka.

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Published by Tante Blanche - dans Géographie littéraire
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