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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 10:38

  IMGP0001_2_2.JPG Il a été question  des gemmes de Murzinka et de ses environs : topazes, améthystes, béryls et autres merveilles ( Mamine-Sibiriak : Les pierres fines -1 - en route pour Murzinka ). Aujourd'hui, je ne peux résister à montrer ce joli caillou que j'ai acquis au "Mange-caillou". Je l'ai reçu cette semaine, très soigneusement enveloppé. Il s'agit d'une vivianite qui vient d'Ukraine. D'après le CD issu de la même source,   j'apprends que c'est un phosphate qu'on peut trouver entre autres gîtes  dans les tourbières ou même dans des houillères incendiées. Je ne connaissais strictement rien à la minéralogie, ce sont mes recherches sur l'oeuvre de Mamine-Sibiriak concernant les mines d'or qui ont dirigé ma curiosité. Certes toutes les pierres ne se portent pas en colliers ou pendentifs, mais elles sont des centaines à être très intéressantes par leurs formes et leur couleurs.  Des petits bijoux à contempler.


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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 12:34

 IMGP0001_2.JPGEncore des incendies : selon ria-novosti ce sont maintenant 50 ha de forêts dans la région d'Oulianovsk à 900 km de Moscou qui se sont enflammés dimanche. Au centre de l'incendie  le village de Rokotouchki : 140 maisons, 300 habitants. Il faut dire que là aussi l'été 2010 a amené des records de chaleur en dépassant les 39 degrés. Heureusement, le froid et le mauvais temps pointent leur nez car, comme toujours, c'est l'hiver,  le gel et la neige qui viendront au secours de la Russie. Sur ce sujet j'ai beaucoup aimé la nouvelle de Boulgakov : "Les oeufs fatidiques". Un conte caustique et drôle.

 

Mikhaïl Boulgakov : les oeufs fatidiques - diablerie et autres récits (le livre de poche) - 

- voir une critique sur link

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 18:22

 Pendant que les Grands de ce monde règlent leurs comptes sur le problème des Roms, je sors de mes archives un vieux film  de 1976 sur DVD : LES TZIGANES MONTENT AU CIEL, d'après un conte de Maxime Gorki. Il y est question de voleurs de chevaux, de dérobeurs de poules et d'un amour malheureux. Mais  quels chants et quelle poésie  ! Y participe la troupe des tziganes du Théâtre Romen de Moscou. Ce théâtre,  qui fut longtemps le seul théâtre tzigane au monde,  a été fondé vers 1930.  Le film, LES TZIGANES MONTENT AU CIEL obtint le grand prix du Festival de San Sébastian en 1976.

 

On trouve le sinospsis sur Wikipédia.

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 07:21

 

      img043Le Bolchoï va ouvrir aujourd'hui sa 235e saison avec la première mondiale du ballet "Suivront mille ans de calme" qui fait appel à un sujet biblique : l'apocalypse, et aussi à la musique électronique. Ce ballet est monté avec  des danseurs du Bolchoï,  les danseurs de la troupe de Angelin Preljjcaj, d'Aix en Provence, et  avec la collaboration du DJ LAURENT GARNIER, nom bien connu dans la musique techno.

J'aurai bien aimé voir. Il y a des fois, je regrette de ne pas vivre en caravane dans un monde sans frontière… J'en verrai des choses !  Ce sera pour une autre vie.

 

Photo - techno-parade Paris 1999.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 06:19

  IMGP0010.JPGOn ne parle plus des feux en Oural - S'ils sont éteints, on aurait tout de même pu nous le dire. Maintenant, c'est la région de Novossibirsk et  l'Altaï  qui flambent (sud de la Sibérie où 1200 personnes seraient déjà sans abri). En Géorgie, c'est le vent qui a privé quelques milliers de foyers d'électricité. Décidément…

 

Pour en revenir à l'Oural, ce n'est pas ma plus belle pierre que j'essaie de vous présenter,  mais au moins elle est étrange. Elle vient tout droit de l'Oural polaire, de Pay Khol, région située dans la péninsule Ugra  qui  sépare la mer de Kara de la mer de Barentz.

 

Mamine Sibiriak - Dans le marais (1) Il y a quelques mois, dans un récit de Mamine Sibiriak, je vous parlais de l'Oural central, de ses marais , de la tourbe et de la pétrov-croix. Pour les curieux, voici le site La Petrov-croix . Et si quelqu'un connaît cette plante qui pousse dans certaines de nos régions, ce serait bien qu'il nous en fasse part pour assouvir notre curiosité. Il parait qu'elle redonne le moral...

 

 

La pierre est une wavellite.


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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 09:13


      La région est endommagée. 484 maisons d'habitation ont été détruites amenant 1000 personnes à être sans abri. quelques  personnes seraient encore hospitalisées, sept autres y ont laissé la vie.  Plusieurs fonctionnaires ont jugé bon de démissionner volontairement de leurs postes, une fois le feu éteint,  estimant qu'ils n'ont pas été à la hauteur de leur fonction.  Sans commentaire.


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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 10:19

L'information grand public va et vient, abandonnant du jour au lendemain un sujet pour en mettre un autre au-devant de la scène. Le feu, lui, se moque complètement de l'actualité et continue son chemin. La Russie n'est pas sortie de ce fléau. Volgograd, qui est l'ancienne Stalingrad où s'est déroulée une des batailles décisives pour faire reculer Hitler, est durement touchée : quelques 450 bâtiments ont brûlé.

D'autre part, selon Ria Novosti, l'agence de presse russe qui diffuse en français sur le net, une cinquantaine de foyers seraient encore actifs en Oural.

Au total, ce sont quelques 29000 foyers d'incendie qui auraient embrasé près d'un million d'hectares cette année en Russie (L'Ile de France fait 1,2 millions d'hectares, la Corse 860 000). Avec des comparaisons, c'est plus parlant.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 13:01

Quelques jours avant la rentrée, une petite histoire de nos jardins, où Mamine-Sibiriak met en scène les "mauvaises herbes"...

 


La guerre des herbes

 

 

   greenwar.jpg- Les frérots, c'est moi ! - cria gaiement la Bardane, en sortant de terre un bourgeon vert.  Ah… combien de temps ai-je dormi !  Bonjour les frérots !

Mais quand elle regarda tout autour,  elle  comprit pourquoi personne ne répondait. Elle était sortie de terre presque la première. Par-ci par-là, seulement quelques brins d'herbes anonymes se montraient timidement. Tout de même, près de la palissade,  l'ortie aigüe grandissait déjà : cette dame brûlante était toujours là, avant tous. La Bardane se vexa même un peu d'être en retard.

- Vous vous taisez ? - Il semble que j'ai été polie - dit-elle à l'Ortie.

- Que dire ? - gronda l'Ortie qui était une éternelle mécontente - Vous venez à peine de sortir de terre et déjà vous hurlez. Regardez comment se conduit sagement le Chardon : il grandit tout tranquillement.

- Ah, ne me parlez pas du Chardon. Il ne dit rien parce qu'il est stupide. Oui, très stupide, le pauvret.  D'ailleurs, j'ai bien vu que ce monsieur piquant ne vous laisse pas indifférente !

- Il semble, que ce n'est pas votre affaire - intervint le Chardon perdant patience.

- Excusez-moi… En effet, cela ne me concerne pas du tout. Mais tout de même, je suis contente de retrouver de vieilles connaissances - répliqua la Bardane. Depuis combien d'années  grandissons-nous  ensemble près de cette clôture… Bref, nous sommes voisins. Non, je ne me fâche pas contre vous, le Chardon, bien que vous pourriez être plus poli. Evidemment, tout dépend de l'éducation, et vous n'êtes pas coupable de ne pas connaître les premières règles des convenances.

- Allez au diable - grogna le Chardon. Pourquoi faire naître de telles bavardes qui occupent inutilement la terre et empêchent d'autres de venir.

- Dites que je suis superflue - se rebiffa la Bardane. - Moi ? superflue ? Ha-Ha ! Et qui donc orne le potager ? Oui, Monsieur, j'orne. C'est connu de tous et il me semble qu'il n'y a pas besoin de preuves. J'ai une belle croissance, et quelles feuilles ! Dois-je vous avouer que je me trouve par méprise dans votre société, c'est à dire sur les arrière-cours. Ma véritable place est quelque part dans la serre… Osez dire, s'il vous plaît,  que tous ces palmiers valent mieux que moi ? Donnez-moi de la bonne nourriture et plus de lumière et de chaleur, et ainsi je les cacherai à la vue de tous ! Mais, injustement, je suis obligée de vagabonder vers la palissade. Hélas, les gens sont injustes et  incapables de comprendre la vraie beauté.

- Oui, vos couleurs sont particulièrement belles ! On n'a rien à  y redire, les fleurs sont bonnes. Simplement quelques teignes malicieuses ! - remarqua l'Ortie - des fruits accrocheurs.

L'ortie et la bardane se querellaient souvent, comme ça, par désœuvrement. Le chardon se taisait, sauf quand la Bardane commençait à trop se vanter. Evidemment, tous mordaient,  l'Ortie n’était pas mauvaise, mais que faire quand les femmes veulent se fâcher.

Le printemps avançait à pas rapides. Le soleil réchauffait la terre qui se dégelait. Le potager et les arrière-cours, où les mauvaises herbes rejetaient l'herbe sèche qui les étouffaient,  commençaient à prendre un aspect gai en s'attifant comme pour quelque fête. La verdure claire printanière se déployait comme un tapis de velours. La jeune ortie, la bardane, le chardon, l'arroche se levaient hors de terre. Toutes ces mauvaises herbes grandissaient avec une rapidité extraordinaire, comme si elles voulaient se dépasser l'une l'autre. Le pissenlit, regarda de ses petits yeux jaunes et s'écria :

- Bonjour, les frérots !

Le pissenlit était un brave type qui ne se querellait avec personne. Il se réjouissait simplement de grandir lui-même. Tous l'aimait, mais particulièrement l'Arroche argentée, herbe modeste et inoffensive. Ils grandissaient ensemble, comme  frère et sœur.

- Tu m’aimes, Arrochka, - demandait le soir, le Pissenlit en chuchotant et en étalant sa fleurette jaune.

- Beaucoup, je t’aime beaucoup ! – avouait l’Arroche doucement,  en abaissant ses feuilles vertes poudrées d’argent. La Bardane, le Chardon et toi, vous êtes tellement corrects. Mais je crains l’Ortie : elle est méchante. J’essaie toujours d’être loin d’elle.

- Moi aussi… Cette dame est désagréable. Même les vaches la craignent, et les gens aussi.

Ils restèrent ainsi, loin des plates-bandes où la terre retournée noircissait désagréablement. C’était pourtant là que cette terre était excellente ;   les mauvaises herbes la regardaient avec envie.  Voilà où l’on pourrait vivre parfaitement bien.

- Je ne comprends pas pourquoi nous devons nous serrer contre les clôtures – grognait la Bardane -  dans les plates-bandes, la terre est molle, comme du duvet et elles sont très ensoleillée.

- Essaie donc de t’y installer – conseilla l’Ortie, caustique.

- S’y installer ne demande pas beaucoup de temps,  mais qu’en sortirait-il ? On s’y affaire beaucoup.

- Ah, tu crains la maîtresse ?

- Et pourquoi veux-tu que je la craigne ! Je ne crains personne ! C’est seulement injuste que nous soyons coincées contre la palissade.  Nous ne sommes pas plus mauvaises que les autres.

Les plates-bandes n’étaient pas bêchées. Différents bétails passaient dans le potager.  Les vaches ne touchaient pas aux mauvaises herbes, elles prenaient seulement l’herbe verte. Ce fut une autre affaire quand le bouc s’aventura. Il arriva directement sur la Bardane et mangea une feuille entière.

- Ah… quel impertinent ! s’irrita la Bardane. Quel impoli. Bientôt, en automne, je t’ornerai de mes teignes… Tu te souviendras de moi, créature inapte !...

Le pauvre Pissenlit et l’Arroche  reçurent aussi la visite du bouc. Ils y perdirent quelques feuilles vertes. Seuls, l’Ortie et le Chardon ne furent pas touchés.

- Le bouc est un animal distingué – assurait à tous la caustique Ortie. Il ne nous foulera jamais aux pieds. C’est bon pour la vache ou le cheval !

 

                                                                        II

 

Bientôt la terre dégela complètement. La maîtresse  vint alors au jardin. C’était  une petite vieille au foulard sombre. Le potager était son principal revenu. Elle vendait même au marché différents légumes. Elle  inspecta tout autour  et dit :

- Il est temps de bêcher les plates-bandes.

Elle regarda encore une fois, hocha la tête et maugréa :

- D’où vient  donc cette mauvaise herbe, quand a t-elle eu le temps de pousser ainsi ?  Elle n’est nécessaire à personne !

La Bardane se vexa pour tous ses compagnons.

- Voici ce qu’elle a inventé ! Personne ne nous demande !  Nous sommes inutiles. Et toi, grand-mère, à qui es-tu  nécessaire ? Il est temps aussi pour toi de mourir. Et nous, nous grandirons quand même. La différence sera que nous aurons une autre maîtresse qui sera meilleure.

Le lendemain, la vieille femme vint à nouveau au potager. Elle avait amené sa petite-fille Macha.

- Je suis bien âgée maintenant, seule je ne puis venir à bout de tout le travail ; Mais toi, tu es jeune et tu vas m’aider gentiment.

- Bien sur, grand-mère. Que faut-il faire ?

La grand-mère et sa petite-fille commencèrent à retourner la terre. La vieille femme geignait, geignait. Elle  retourna à peine la moitié d’une plate-bande  pendant que Macha en avait préparé une toute entière.

- Ah, la petite, quelle bonne tête ! – loua la grand mère. – Autrefois,   moi aussi je travaillais vite, mais maintenant, avec mon dos…

Macha riait, et bêchait et chantait. Ce n’était pas du travail, c’était de l’amusement. En cinq jours tout était fini. Macha regarda le travail, admira et dit :

- Mamie, tu perds de la place contre la palissade. Pourquoi  ne mets-tu  pas des framboisiers,  et des cassis, et un groseillier épineux. Et elle commença à préparer la place. Tout le long de la clôture elle bêcha et planta les arbustes.

Ce fut l’ortie la plus touchée.

-  Qu’est-ce donc, criait-elle à tout le potager – il n’y a plus de vie pour nous… en garde !  Et plusieurs fois elle mordit les mains blanches de la petite-fille bien aimée.

- C’est pour toi, la fantaisiste !...

- Ah, maudite ortie, comme elle m’a brûlée !... – se plaignait Macha en agitant la main.

-  Je vous brûlerai tous ! – sifflait l’ortie.

- D’où vient-elle, s’étonnait la vieille – Personne, il me semble, ne l’a mise là.

 

                                                                        III

 

Tous les légumes, après le sarclage, ont eu tôt fait de grandir.

- Pss, les écornifleurs – grognait la Bardane – Ils ne leur suffisaient pas qu’on leur prépare les plates-bandes – hein, toi, le tire-au-flanc !

- Tu te tais, lui répondit de la plate-bande le  jeune Pois qui commençait à frisoter– ce n’est pas ton affaire.

- Toi, le vantard, bientôt les moineaux te tueront à coups de bec !

- Ils becquèteront seulement… On ne te demande rien.

Bref, chaque jour il y avait une discussion. C’était à qui se vanterait.

Les plates-bandes étaient belles à regarder. Tout verdissait et grandissait. La betterave simplette,  la carotte coquette, le gros radis amer, et le chou. Il y avait aussi l’oignon qui essayait de grandir près de son frère d’amertume, le gros radis,  et le pois.

- Ici, toutes les dames grandissent en beauté, - se vantait le pois, mais la plus belle, c’est la Carotte. Quelles jolies feuilles frisées… et ce vert.

La carotte faisait semblant de ne pas entendre et rougissait, rougissait. Il est agréable d’entendre des éloges, et en même temps on a honte. Certes, on n’écoute pas ce que dit le Pois, mais tout de même : quand il commence à louer ainsi, involontairement, on y croit quelque peu. La carotte, modeste, commençait à penser qu’elle était jolie et elle rougissait encore plus. Pendant ce temps, le gros Radis prenait une grosse tournure et ne voulait rien entendre.

         C’étaient le Pois et la Bardane qui étaient les instigateurs des querelles.

-  Toi, la baba, - criait le Pois, personne n’a besoin de toi. Même le bétail ne te mange pas. Alors, pourquoi du pousses ?

- Pour moi même, je grandis – répondait avec fierté la Bardane. Mais tu te trompes beaucoup quand tu dis que je ne suis utile à personne. Accrochée une personne, j’ai fait mille kilomètres, avec elle. Le froid ou la chaleur, moi, je ne suis pas capricieuse. Toi, tu es douillet. Il faut t’asseoir à la bonne place, te ménager. Moi, je me mets n’importe où.

-  Mais la maîtresse dit que personne n’a besoin de toi.

- Elle dit. Mais l’automne viendra, et elle commencera à vous choisir dans les plates-bandes alors que moi, je resterai là, à la même place.

Chaque bouc peut te manger, mais moi je lui accrocherai mes teignes et il ne se réjouira pas. Sur toute sa barbe, je m’accrocherai à lui et il ne pourra pas me retirer. L’Ortie restera ici, pour elle-même, et le chardon aussi. Nous vivons toujours ensemble. Sans nous, quel potager peut-il y avoir ? Peut-être que je suis plus importante que toi et plus ancienne. Certes, je suis peu estimée, mais cela m’est égal. J’attire peu l’attention, mais j’agis. Bref , l’ami, tu es un légume léger, et tu ne vivra que jusqu’au premier froid.

- A chacun son destin, la Bardane. Chez toi la peau est épaisse et tu ne crains pas le froid, mais moi, je suis élégant.

Ainsi allait la vie jour après jour. L’été passa vite. Les plates-bandes se vêtirent d’épaisses verdures. Le chou gonfla jusqu’à ce que les feuilles supérieures éclatent. Le pois défleurit et se couvrit de cosses, la framboise commença à murir bien que, pour la première année, elle produisit peu de fruits.

La petite fille Macha se souciait surtout des baies mais jetait un coup d’œil sur le reste du potager. Elle arrachera un navet ici, pincera une baie là. L’Ortie ne se calmait pas. Devenue très grande, elle ne manquait pas de brûler la fantaisiste petite fille.

- O, la vilaine – grognait Macha en cachant ses mains.

Bientôt toutes les baies furent cueillies. Ce fut le tour des légumes. D’abord le Pois, puis  le Gros radis et l’Oignon. Ensuite ce fut le tour de la Betterave et de la Carotte. La vieille venait chaque matin, arrachait les légumes muris à point pour les vendre sur le marché.

- Ah, les écornifleurs ! – triomphait la Bardane, - il est venu, votre temps, la grand-mère vous transportera tous sur le marché avant le froid qui va bientôt frapper.

Et le froid est venu… il a noirci les fanes de la pomme de terre, a jauni le pois. Les feuilles se sont desséchées. Alors la vieille et sa petite-fille sont venues et se sont mises au travail. En deux jours elles ont déterrées toutes les pommes de terre, la rave, la betterave et la carotte. Les plates-bandes ont pris un air triste, comme si l’ennemi était passé. Il y traînait des tas entiers de feuilles coupées, comme de vieilles robes usées dont personne ne voulait plus.

Dans les plates-bandes il restait encore l’oignon, le gros radis et le chou. Ils ne craignaient pas le froid. Mais leur tout aussi est venu. Et les plates-bandes se sont dégarnies complètement. Il ne restait plus que les trognons de chou qui sortaient de terre, comme des cous de canards.

La pluie a arrosé, le vent a écorné, le premier givre a bloqué la terre.

- Eh bien, il est temps de nous reposer – souffla la Bardane à l’Ortie qui se desséchait. Nous avons vécu, nous nous sommes pavanées et l’an prochain nous nous reverrons à nouveau. Au revoir. Une chose me console – tous ces écornifleurs ont disparu, la place est nettoyée.

L’Ortie gémissait plaintivement.

- Comme il fait froid ! En effet, il est temps de se reposer – dit-elle sans avoir la force de se fâcher.

Comme  toujours, le chardon  garda le silence et se dessécha au premier givre.

 

Mamine-Sibiriak 

(mis en français par moi très aidée par le traducteur en ligne - )

 

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 12:06

 IMGP0003_9-copie-1.JPGJ'ai ouvert aujourd'hui le blog d'une gentille dame qui souhaite à ses visiteurs plein de bonnes choses et qui semble aimer les chats.  J'ai regardé pas mal de ses messages. Mais quand j'ai voulu quitter, je me suis retrouvée face à je ne sais combien de pages publicitaires qui ont envahi  mon écran !  Pitié - Dans ce monde où il y a tant de chômage, pourquoi ne pas revenir aux hommes-sandwichs plutôt que laisser envahir son espace  vital par ces intrus dont on n'a souvent nul besoin… Mais ne sommes-nous pas des hommes et des femmes sandwich bénévoles puisque l'on exhibe  souvent les marques de ce que l'on a acheté et l'endroit de nos achats. C'est un peu comme le célèbre "je le vaux bien". Non, c'est le contraire, ce produit est-il assez bien pour moi....  Quand je pense que les femmes acceptent ça....  il y a longtemps que cette petite phrase aurait du disparaître du petit écran.

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 11:05

IMGP0004-copie-3Un petit sourire avec ces deux pierres : un quartz peigne (déguisé en petit lapin) et une opale hyalite qui joue, pourquoi pas les vers luisants.J'ai trouvé une jolie histoire pour les enfants chez Mamine-Sibiriak où il est question de chardon, d'ortie, de bardane et de pissenlit. 

Je vous la raconterai dès que je l'aurai décortiquée du russe en français.IMGP0007-copie-1

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