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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 11:57

            Je me souviens d’excellents pelminis (sorte de raviolis) dégustés il y a déjà longtemps lors d’un passage à Saint-Petersbourg. Je voulais me mettre à l’ouvrage et fabriquer ces délicieuses petites choses. Mais les vrais Pelminis sibériens contiendraient à part égales du bœuf, du porc et… de l’élan, ou mieux encore… de l’ours. C’est peut être une légende… je parle de l’ours.  Donc ça,  c’est pas possible. Dans les recettes actuelles , l’élan ou l’ours semblent être remplacés par l’agneau. Plus facile. 

            Jusqu’à présent je n’ai pas trouvé de cuisine familiale  dans l’œuvre  de notre auteur ouralien. Il a bien évoqué les pâtés de Strasbourg et je ne sais quel poisson pêché en dernière minute pour les fameux repas d’affaires trop arrosés dans « Les combattants » Les combattants -le flottage sur la rivière Tchoussovaya(4)  ; mais juxtaposés à la famine dont souffrait leur personnel, ce peuple de haleurs exposés au froid, et dont certains mouraient du typhus de la faim, ça ne réveille pas l’appétit, bien au contraire. 

            « Le petit garçon du gisement d’or » dévore une soupe aux choux et un gâteau genre semoule arrosée de crème – repas de gala d’un jour de fête dans une caserne ouvrière. Mamine Sibiriak - le petit garçon du gisement d'or

            Dans un autre récit  qui n’est pas encore été résumé dans ces pages, il est fait allusion à un relais, isolé de tout au milieu des marais et  accessible seulement en hiver,  quand tout est gelé. Son gardien  y recevait chaque hiver une caravane de marchands qui convoyaient en particulier des gelinottes, par lots entiers,  destinées aux grands restaurants parisiens. Quant au gardien du relais, il se nourrissait de sa pêche (esturgeons, sandres et carpes) et de sa chasse : il tuait parfois un renne. L’ennui c’est qu’il manquait de sel  pour la conservation et parfois de pain, car le convoi passait une seule fois l’an, et c’est tout.

            Mamine-Sibiriak nous parle de ses repas de chasseur en plein champ (feu de bois et gibier tué le matin même cuit dans de grandes feuilles) Mamine Sibiriak - Dans le marais (1) et aussi de sa vie d’étudiant désargenté à Petersbourg.   Les femmes s’en sortaient car au moins, elles savaient faire la kacha et ce n’était pas très cher, quant à notre auteur et ses collègues masculins, pigistes mal payés,  leur nourriture  était lamentable. Etonnez-vous qu’il ait été victime de la tuberculose.

             Ce sera donc  Gogol qui nous mettra  l’eau à la bouche, par exemple dans « ménage d’autrefois » l’une des nouvelles du cycle  « Mirgorod », mais là nous sommes en Ukraine, loin de la Sibérie de Mamine, et dans une propriété cossue.

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Published by Tante Blanche - dans littérature
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