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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 07:54

            Dans ce coin perdu des montagnes de l’Oural où régnait encore la cruauté des dernières années du régime de l’esclavage, les enfants étaient friands des histoires de brigands. C’était un sujet inépuisable de récits, contes et légendes qui couraient de maison en maison par le biais des cuisinières, des cochers et des différentes vieilles qui vagabondaient dans cette sauvage contrée. Evidemment, cela se faisait derrière le dos des parents, et certains récits étaient devenus des clichés.  L’un d'eux intéressait particulièrement ces garnements et ils le réclamaient à la vieille Baoucha Filimonovna qui venait vendre à domicile son miel et son gruau : c’était l’histoire du navet.

             Cette histoire, vieille de quarante ans , relate le meurtre d’un évadé du bagne par Kornilo. Celui-ci vivait en périphérie de son village. Du guichet de la fenêtre de son isba ce Kornilo aperçut un homme dans son jardin ;  alors  il attrapa son fusil et tira. L’homme souffrit tout le jour ; affamé il avait seulement pris un petit navet. Avant de rendre l’âme il prononça pourtant: « Pardonne, peuple orthodoxe. A l’usine de Néviansky,  j’ai égorgé la veuve et le garçon ».

            En fait, il s’était introduit dans l’isba de la veuve et lui avait demandé son argent. Celle-ci inventa : - il est caché dans le pigeonnier . Elle l’y conduisit, l’y poussa et l’y enferma. Mais son garçon de sept ans s’y tenait.  L’homme menaça, la veuve tint bon. Le garçon eut alors les doigts d’une main coupés avant que la veuve donnât toutes ses économies.

            Ce récit plaisait aux enfants sans doute parce que le crime était puni. La réalité du moment était que les criminels d’usine étaient attrapés, transférés en prison, s’en échappaient et étaient rattrapés à nouveau. C’était le quotidien des Savka, Oédka, Detkov, Tchebotka. Les meurtres étaient assez courants dans la région et avaient frappé le receveur, le mandataire, le commis d’usine, le montreur d’ours et d’autres encore…

            Alors quel émoi en ce matin de novembre quand les enfants de la maison virent leur « bobine » de neige marcher dans le jardin avec un moujik tenant un balai et qui traînait derrière lui une chaîne qui cliquetait lugubrement : un homme dans les fers.

            A demain la suite de ce résumé.

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Published by Tante Blanche - dans littérature russe
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