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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 18:55

         Un homme dans les fers qui promène dans le jardin la bobine de neige des deux frères ? D’abord la peur … puis la curiosité ; on engage la conversation  : «mais qui es-tu l’oncle, que fais-tu là…. ? » . Et l’autre d’expliquer – il est le forgeron, il s’appelle Averky  et on l’a mis dans l’école pendant les congés parce qu’il n’y a pas de place près des machines : Il faut comprendre la prison interne de l’usine. Voilà, l’homme a été pris avec quelques mauvaises pièces de vingt kopecks et a été accusé de faux-monnayage. Il attend avec fatalisme son départ pour le fouet et le bagne. Et comme il s’ennuie, l’idée lui est venue de balayer la neige.        

         Le crime était lamentable.  Les deux enfants commencèrent par lui apporter de la nourriture en cachette. Puis ils finirent par en parler au père qui après avoir vu le prisonnier trouva  la punition par trop terrible. Mais on ne pouvait plus rien changer. 

         Averky avait pour toute visite celle de sa propre femme, timide et effacée. Venait aussi un soldat de l’usine qui semblait peu recommandable ; il était  accompagné parfois de sa femme,  une belle créature, vulgaire et hardie et qui ne s’habillait pas selon la mode de l’usine. Le cocher Iakov disait que le soldat l’avait prise comme « mariée de l’échafaud » (il lui aurait épargné ainsi le fouet) et que c’était une vraie poison. 

         Bref au bout de deux mois Averky fut envoyé au bagne de Verkhotouré. Il devait y être jugé, mais il n’y est pas resté six mois. Il s’est enfui. Et pourquoi donc n’a-t-il pas pris la fuite quand il était dans l’école… C’est qu’ensuite il ne pouvait plus que devenir un vrai brigand qui n’avait plus rien à voir avec le stupide monnayeur.  

         L’homme n’est pas une bête forestière. Il revint donc parfois coucher chez lui. Par deux fois la population a été rassemblée pour le rattraper, mais il leur filait sous le nez et passait la nuit là ou là. En fait, on savait qu’il ne ferait pas de mal à ceux qui l’avaient aidé. 

         Puis un jour Averko (on ne disait plus Averky) a fini par rentrer dans une bande de hors la loi. La poste a été pillée et le facteur tué. Il réussit encore à tenir tête à la police d’usine mais fut rattrapé dans les montagnes et jugé par une cour martiale extraordinaire. Il devait subir les verges dans son propre village. Il n’a pas supporté les quatre milles. Ils lui ont donné à boire de l’eau. Le cocher Iakov a expliqué : « Ils n’ont pas fait boire les autres pendant la punition. Eh bien, ils sont restés vivants.  Et d’ajouter :

         - Ce n’est pas lui qui faisait les fausses pièces de vingt kopecks – c’était le soldat avec la femme. Mais c’est sur lui que les preuves sont tombées.

1895 -
résumé de "Averko"- paru dans le cycle : Les bandits 

 

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Published by Tante Blanche - dans littérature russe
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