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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 10:59

   La scène se passe dans le bureau de la compagnie de la mine numéro six , sur les rives de la Poloudenka : Starik (ce qui signifie « le vieux », - on le surnomme ainsi quoiqu’il n’ait même pas quarante ans) fume tranquillement, en fin de soirée, devant le feu, sans rien dire. Cela agasse ses associés, particulièrement  Paraskova Ivanovna, la sœur d’Efim Ivanovitch.  Elle est très énervée, elle se montre très désagréable,  très impolie avec Starik  et même vulgaire, Elle finit  par lui demander de bien vouloir tuer l’oiseau au cri lugubre qui n’arrête pas de piailler là haut dans un arbre, et qu’on appelle d’ailleurs « le déprimé ». Mais personne n’y arrivera.

 Starik est triste – le cri de l’oiseau convient à son humeur.  L’endroit où il se trouve avec ses associés est beau, en pleine montagne, plein de senteur, mais très isolé.  Aucune âme qui vive quarante kilomètres à la ronde. Starik, lui,  n’est pas beau : ridé prématurément, il a un long nez, des joues creuses, une barbiche jaunâtre. Timide, il ne comprend pas l’agressivité dont il est l’objet.  Ne l’a t elle  pas traité de hibou ! Finalement, il ne participera pas au repas du soir, il ne prendra pas le thé, et il repartira dormir dans sa hutte enfumée où Louka, son second,  lui a préparé une sorte de brouet et du thé de sauge. Il se sent bien dans cette hutte enfumée qu’il dut, lors de la prospection, partager avec une dizaine d’ouvriers. Maintenant un bâtiment bâti pour une cinquantaine de personnes abrite les « contrats annuels » alors que les orpailleurs qui lavent l’or ont construit des baraques et des huttes à la va-vite. Et toute cette activité, supervisée par Starik,  donne un air bon enfant à la Mine numéro six.
 

  Starik est triste – l’an dernier, à la place du bureau et de sa véranda il y avait une sapinière épaisse.  C’est lui qui a acheté à l’administration la concession numéro six,   abandonnée par l’ancien propriétaire.  Curieusement, on ne lui donna pas de nom. Elle resta le Numéro Six. Quand il trouva enfin l’or, il fallut penser à l’exploitation et on ne fait pas cela tout seul. On trouve toujours des associés quand l’or se profile à l’horizon. Starik fit entrer dans la compagnie qu’il créait Lyzounov qu’il croyait son ami alors que celui-ci en fait, le méprisait particulièrement. L’accord fut verbal.  Les associés arrivèrent quand il eut fini de construire le logis-bureau et s’installèrent, toujours mécontents,  sans seulement lui laisser de place.   En toute logique ils devaient amener de l’argent (un héritage présumé) qui n’était pas encore là. C’est donc Starik qui dut emprunter. Avec Starik, ils étaient cinq – Paraskova et son frère Efim, Lyzounov et Egor Fomitch. Ce dernier s’occupait de la comptabilité, mais maniait curieusement les chiffres. Et Starik, rougissant, n’osait pas trop le contredire.
 

 Starik est triste. Louka, son « second », un ancien de Sebastopol, crée quelques ennuis en chapardant l’or des orpailleurs ou en créant quelques conflits avec eux. Starik essaie d’arranger les choses.  Louka n’aime pas les associés, mais pourtant, il desservira Starik à leur profit, puisque « Le vieux » ne se défend pas !
 

  Starik est inquiet. Il se sent poursuivi par le chiffre Six . Justement, les associés  en amènent un sixième qu’il n’apprécie pas du tout, un serbe douteux à qui Paraskova fait les doux yeux. Or Starik, qui a toujours vécu comme un ours dans les montagnes, est quelque peu tombé amoureux de cette dame pourtant méprisante  et cruelle à son égard, mais elle représente pour lui l’éternel féminin qu’il connaît si peu. Il rêve notre Starik, alors que les autres s’ingénient à l’éliminer et à le dépouiller… en le méprisant, ce que sait si bien saisir l’auteur du récit. Starik, maintenant, évite la véranda, ce qui lui permet de rêver d’autant mieux de cette Paraskova.
 

  Mais alors qu’il évite les associés  qu’il sent malveillants, ceux-ci travaillent à sa perte comme nous le verrons bientôt.
 
(1) pour la suite, cliquez dans "suivant" ci-dessous à droite 

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Published by Tante Blanche - dans littérature russe
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