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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 01:20

L’histoire commence ainsi :

            « Socrate Ivanytch était fort inquiet depuis déjà deux grandes semaines.  A Petersbourg, au siège des usines de Zagorsk., on  s’inquiétait aussi, et pour la même raison : Le patron des usines, Innokenti Pavlytch était foudroyé par la paralysie et  tous attendaient son légataire universel, Pavel Innokentitch,  qui vivait la plupart du temps à l’étranger. « Le vieux »,  Innokenti Pavlytch,  n’était pas un vieillard, il avait seulement cinquante ans,  mais, grâce à une large vie de seigneur, il n’était plus qu’une ruine. Un médecin célèbre, venu de l’étranger, à qui on avait payé vingt cinq mille pour la visite, avait examiné le malade et,  hochant la tête,  avait dit :

            - Vous avez dépensé votre argent inutilement en m’appelant. Cette personne devrait être morte depuis déjà huit ans…

            La célébrité étrangère ne se gênait pas et disait cela devant le malade qui le regardait sans comprendre et balbutiait :

            - Pé-pé-pé !... »

             Voilà le décor est planté. Le propriétaire des Usines, Innokenti Pavlytch,  après avoir bien mangé, bien bu, fréquenté trop de danseuses  et fait la fête,  est réduit à l’état de loque. Socrate Ivanytch est le fils d’un aide-médecin d’usine, serf en Oural et  alcoolique. Doué, Socrate a fait des études universitaires brillantes, terminé la faculté de droit et a fini par être l’homme de confiance du propriétaire. Un cas exceptionnel. Ce propriétaire l’a fait venir à Petersbourg – il n’allait jamais dans les usines de l’Oural - et le présentait comme son « métal natif ». Les autres – on ne parlait que français ! - le regardaient avec hauteur, lui qui parlait russe avec un accent sibérien. 

             On ne sort pas de l’esprit de servitude facilement. Socrate restait très discret, ne se mettait jamais en avant, ne demandait rien financièrement, gardait son allure provinciale, vivait chichement, tout en fréquentant les hautes sphères. Par exemple, il conseillait tous ces messieurs des différents cercles de savants sur leurs  placements -  le  chemin de fer était alors en plein essor, -  Toutefois, il le faisait comme si l’idée venait non de lui, mais d’eux-mêmes.

            Il vécut ainsi toute sa vie, laissant la femme en Oural, entièrement  à la disposition du propriétaire Innokenti Pavlytch. Avec les brillants résultats universitaires qu'il avait obtenus, il aurait pu choisir une autre voie. Et, comme nous le verrons demain, son choix ne fut pas le bon.

(1) pour la suite, cliquez dans "suivant" ci-dessous à droite 

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Published by Tante Blanche - dans littérature russe
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